RECONVERSION PROFESSIONNELLE : A quoi ça ressemble et pourquoi ? Retour d’expérience singulière & tips !

Trouver SA place dans la société…

J’ai lu, il y a peu, les résultats d’un sondage réalisé par le groupe AEF (Agence Education et Formation) qui date du printemps 2017. Il est donc très récent. Sans appel également : 9 Français sur 10 rêvent de reconversion professionnelle. Pourquoi ? Pour donner davantage de sens à leur travail. Sans blague ! Et là, les limites de notre système scolaire dépassé ne sont donc toujours pas évidentes ? Cette manie de nous faire choisir un travail en utilisant uniquement notre cerveau et en omettant qu’il ne suffit pas de bien « penser » mais de bien « aimer » et « ressentir » également ? D’allier les deux et de faire des plans ? Je passe encore pour une hippie aujourd’hui, en m’exprimant ainsi ? Ou c’est bon, les esprits sont ouverts à ces considérations de, je cite non sans sarcasme, mes connaissances mysogines, « bonne femme » ?

Pardonnez-moi, ce sujet déchaîne ma passion comme vous voyez.

Je ne suis donc pas un cas à part à l’heure actuelle, mais laissez-moi vous raconter mon histoire. Elle est longue mais totalement authentique et riche de nombreux Tips (du coup) !

Mon ancien patron m’a dit un jour : « Restez à votre place, Christine ». Que n’avait-il pas dit là !

Il m’avait évidemment fait une remarque sur mon comportement, mais, en même temps et sans le vouloir, il avait soulevé LA question qu’il fallait que je me pose :

Mais où est-elle, en fait, ma vraie place ? Puisque je suis si mal à ma place actuelle que ça me pousse à en sortir chaque jour un peu plus pour la fuir ?

Je sais, je me pose des questions compliquées… Mais j’en suis plutôt fière ! J’aime la précision.

Je ne l’avais évidemment pas attendu pour avoir envie de changer de carrière. Je n’ai jamais été complètement bien dans mon premier choix. J’ai eu envie d’évoluer, mais… J’ai ressenti comme un problème, comme si je m’étais trompée. Il me semblait donc qu’avec un tel sentiment, il n’était pas intelligent de s’engager.

Que faire quand ça vous arrive ? EXPLORER ! Explorez les possibilités qui s’offrent à vous en fonction de vos diplômes, compétences, expériences et envies. Cela vous permettra déjà de faire un tri et d’éliminer ce qui n’est pas faisable.

Hélas, je suis arrivée au bout de ma liste. Je n’avais trouvé aucune alternative, car ça ne collait pas… Tantôt à cause du manque de diplôme, tantôt à cause du manque de motivation. Tantôt cela n’était pas envisageable… Et puis finalement j’en ai profité pour avoir un beau bébé. J’allais sûrement mûrir tout ça en attendant, puisque j’avais semé les graines.

J’ai néanmoins réalisé pendant ce temps là un BILAN DE COMPETENCES chez une psychologue spécialisée, financé par le FONGECIF. Il a duré quelques mois ; j’ai dû réaliser plein de tests-psy qui étaient sensés me révéler pour quoi j’étais faite. Ça fonctionne dans bien des cas.

Pas pour moi. Je serais faite pour la gestion, apparemment ! Ce résultat me hantera pendant longtemps. Me voilà donc à chercher une carrière d’assistante de gestion… Mais ce que je n’avais pas compris c’est que ces résultats s’interprètent comme des textes sacrés, en fait : ils sont sujets à interprétation ! Une carrière dans la gestion pure et simple, je ne le « sentais » vraiment pas. J’aimais gérer des choses, oui… Je pense que nous sommes tous un peu comme ça sur cette terre, d’ailleurs… Mais de là à en faire une carrière !? Ce fut beaucoup trop flou pour que je prenne la décision de foncer tête baissée (oui je suis Bélier, j’aime bien faire cela).

J’avais un immense problème : Trop d’envies et de curiosité non assouvies… Pas assez d’expérience. J’ai toujours été principalement kinesthésique : j’apprends, je retiens, je réalise en faisant/touchant/manipulant.

Je me sentais enfermée dans mon premier métier de spécialiste. Une seule et même chose tous les jours, ce n’étais pas assez.

Il est bien d’entamer une recherche personnelle et de se documenter. Les CIDJ and co sont parfaits pour cela, car en plus, vous pouvez être conseillés. Internet vous permet également d’avoir accès à des tas de données sur le sujet. Et vous trouverez également des programmes et suivis personnalisés, coachings, proposés par des professionnels du domaine.

J’ai alors négocié mon départ de ma première carrière, sans issue pour moi. Je n’étais vraiment pas prête pour m’y engager de cette façon là, avec la vision limitée que j’avais. J’étais partie pour découvrir l’agence nationale pour l’emploi.

Quand vous êtes au Pôle Emploi aujourd’hui, vous avez la chance de pouvoir bénéficier d’ateliers et de réunions d’informations. Ainsi vous ne pourrez plus prétendre que vous n’étiez pas au courant. Il y en a pour tous les goûts, tous les niveaux, tous les domaines et besoins. Les formations dispensées par du personnel en interne ou des prestataires spécialisés. Ne tardez pas à demander à votre conseiller ce qui vous serait le plus adapté. Si vous ne pouvez pas le rencontrer bientôt, envoyez-lui un mail pour lui expliquer où vous en êtes et quels sont vos besoins.

C’est ainsi qu’à l’époque, je me suis retrouvée dans un atelier nommé « Ciblemploi », une version simplifiée du bilan de compétences. Je voulais vérifier si la gestion était vraiment un domaine à reconsidérer plus sérieusement. Hélas, rien ne sortait. J’étais visiblement en proie à un déni profond de mes aspirations professionnelles. Une seule solution pour un « bélier » : foncer dans le tas tête baissée (oui, je suis aussi ascendant « taureau » !).

A cette époque, j’avais envie, en priorité, d’être « une maman » dans ma vie. Il me fallait donc : un travail de maman ! Une amie m’a conseillé le métier d’assistante d’éducation. Tout correspondait à ce que je voulais, et j’avais les pré-requis : Bac et BAFA ; je m’y suis plongée durant 6 ans.

C’était idéal au niveau « conditions » et puis, c’était aux antipodes de mon précédent travail de maquilleuse artistique professionnelle, formatrice, conseillère de vente. Le seul point commun qui m’était important : le contact avec les gens. J’allais approndir également le rapport désintéressé, car j’avais besoin de faire une pause de commerce.

Quelle ne fut pas ma surprise : je tombai littéralement amoureuse des sciences de l’éducation et me mis à étudier sans relâche, à expérimenter, améliorer, travailler beaucoup, tout le temps, à faire des recherches. Dans ce travail, que j’avais à l’origine choisi pour fuir le pôle emploi pendant quelque temps, j’ai en fait découvert la passion qui sommeillait en moi et que je n’avais pas eue pour le maquillage (j’étais super bonne, par contre, j’ai fini 2e de promo et j’aime bien être bonne en quelque chose). Une passion dévorante qui m’a permis de me sortir de mon narcissisme adolescent et de m’ouvrir aux autres. Comme nous atteignons l’équilibre en passant par l’exact opposé de notre point de départ, j’allais également découvrir les avantages et les inconvénients de la dévotion, ainsi que ses limites.

Il arrive parfois de faire une belle rencontre professionnelle tout à fait par hasard. Ecoutez vos besoins, vos envies. Ils sont de bons guides !

Mais je ne tiens pas en place très longtemps quand quelque chose me passionne, j’ai besoin d’évoluer sans cesse. Après quelques années d’études et de mises en application sur le terrain, accompagnées de bons résultats, il me fallait upgrader, enrichir ma tâche. La rendre plus diversifiée et moins spécialisée.

J’ai d’abord regardé le parcours logique. J’étais malheureusement tombée dans un milieu où l’évolution n’était pas facile ni très variée. Il fallait des diplômes que je n’avais pas. Ils étaient longs à passer. Pourtant dans le domaine scolaire, il me semblait logique que l’on réclame autant de titres ! Ses représentants sont censés lui ressembler. Mais ce n’était pas mon cas. Toutes mes aspirations tombaient à l’eau, peu à peu. Je ne me voyais pas tout reprendre, et pourtant je me suis énormément renseignée, jusqu’à envisager un doctorat !

Trop long, pas assez de budget, infinançable… Evoluer dans l’éducation pure et simple ne correspondait pas à mes envies de diversification. Alors j’acceptai une rupture conventionnelle, afin d’explorer d’autres milieux et libérer ainsi ma place et mon directeur, encore engourdie par ma difficulté à me positionner et à me comprendre moi-même. Il avait essayé de m’aider souvent. Mais enfermée dans un poste et dans un domaine qui n’étaient pas les miens, je demeurais aveugle. L’étude des sciences de l’éducation m’aura permis de briser mes chaînes.

C’était risqué. Quand c’est quelque chose qui nous arrive pour la seconde fois, on commence à réaliser que c’est bien NOUS qui avons un problème. Je ne trouvais pas mon domaine ! Pourquoi ? Qu’allais-je donc faire, et par quoi commencer ?Heureusement la vie est pleine d’opportunités : avant de partir, j’eus l’occasion de remplacer la secrétaire, en long arrêt maladie. Je me formai à toute vitesse en plein baccalauréat. J’étais prête pour mon futur essai de carrière, et ma directrice avait retrouvé un peu d’ordre dans les dossiers accumulés durant l’absence de son assistante.

Quand le sort s’acharne et que nous ne parvenons pas à trouver notre place, il est essentiel de se rappeler régulièrement de ne pas baisser les bras. Ces constats sont lourds pour le moral. Nous sommes souvent partagés entre notre envie de bien faire, d’être appréciés, et nos besoins naturels. Quand je réalisai que j’étais continuellement en recherche d’autres défis et missions au point de délaisser mon poste de plus en plus souvent, je ne pus longtemps nier l’évidence. Je l’ai fait pourtant. Et ce que j’ai récolté, c’est de l’épuisement et des remarques qui m’enfonçaient davantage, alors que je sais que je peux être un excellent élément.

Vous avez besoin d’évoluer ? Alors, évoluez ! Peu importe comment, c’est votre âme qui vous le demande.

Mes « sorties de cadre », dans un milieu qui aime le cadre, s’étaient mal passées, certes, mais elles m’avaient été très utiles pour réaliser ce qui pourrait me convenir. J’aimais « assister ». Vraiment. Il me paraissait logique d’assister un patron dans l’éducation, mais je ne recevais pas de réponses à mes candidatures… Et puis j’étais un peu fatiguée du contact avec les gens, après mes explosifs adolescents. J’avais besoin d’une pause à durée indéterminée.

Si vous n’avez pas d’inspiration, n’hésitez-pas à vous positionner sur des missions en interne. Ne faites pas comme moi : 36 en même temps. Mais testez-vous, c’est important.

J’étais à nouveau au pôle emploi, mais comme d’habitude, je restais active. J’avais totalement conscience de ma difficulté de choisir. Grâce à tous les renseignement que j’avais pris par le passé, j’avais déjà éliminé pas mal de pistes dans lesquelles j’étais certaine de ne pas me réaliser. Je pris la décision de tester celles qui demeuraient en tête, je ne voulais pas de regrets. Il y en avait forcément une qui m’était adaptée ! J’y resterai une fois que je la trouverai, c’était décidé !

Connais-tu les TED talks ? des tonnes de speechs intelligents sur plein de sujets ciblés par des personnes tellement intéressantes ! C’est là que j’ai découvert la notion de « Multipotentialité ».

Quand tu es multipotentiel, tu es capable de t’adapter à beaucoup de domaines et de tâches différentes, assez rapidement. En contre-partie, tu manques parfois de profondeur… Mais tu touches à beaucoup de choses, et tu as une vision globale des choses. C’est plutôt pratique pour un employeur ! Il est intéressant de savoir comment nous fonctionnons pour mieux cibler nos recherches.

C’est vrai que j’ai toujours eu un instinct d’aventurière ! Plutôt que de me concentrer sur une évolution verticale, ce que j’aimais, c’était explorer ; faire du tourisme professionnel. Relever le défi d’apprendre à chaque fois un métier différent assez bien pour pouvoir être une bonne employée débutante. C’était ça, ma tasse de thé.

Mais en avançant, il se peut que l’on s’épuise. J’avais envie de trouver ma place et de concentrer toute cette énergie dépensée en suradaptation pour une réelle évolution. Depuis que mon ancien patron m’avait si bien fait remarquer que j’étais incapable d’y rester, puisque je ne l’avais pas réellement trouvée, « répondre à cette question » était devenu ma nouvelle obsession. Et j’étais loin d’être la seule, j’avais plein de nouveaux compagnons pour traverser cette route-ci !

La suite logique directe de ma dernière expérience, ce furent le secrétariat et l’assistanat. Il y a des tas d’agences d’intérim prêtes à vous placer dans des postes où vous recevrez une formation d’intégration, pourvu que vous ayez déjà les compétences de base. C’est ainsi que j’atterris au siège parisien de la Société Générale. Mon poste allait me permettre de prendre du recul avec la clientèle. Le calme me fit le plus grand bien pendant quelque temps. J’avais en plus déjà creusé le sujet quelques années auparavant, en tentant de préparer par le CNED un BTS d’assistante de gestion (la psy du bilan de compétences m’avait semé le doute, vous avais-je confié quelques lignes plus haut). Mais après 6 mois de cours en solitaire et d’ennui, je me dis que je prendrais plus de plaisir à apprendre ce travail sur le « tas ». J’avais donc l’opportunité de vérifier une fois pour toutes mes hésitations au sujet d’une carrière dans la gestion et l’assistanat pur et simple. Mais je savais que ma passion pour l’humain reprendrait le dessus.

En parallèle, par hasard, en cherchant quelle voie m’était adaptée, je rencontrai un jeune ingénieur qui voulait lancer sa startup dans l’orientation. Parfait ! J’avais tant exploré ce domaine, pourquoi ne pas y travailler ?

Interagir avec lui fut passionnant. Un féru d’éducation. Nous avions plein de choses à nous dire ! J’avais rencontré mon poste idéal : je devais l’aider à rédiger son contenu d’abord, puis plus tard, je devais assurer des formations, si cela fonctionnait, et même des tâches d’assistanat ! C’était tellement ce que je voulais que j’ai eu souvent peur, d’ailleurs. C’est drôle comme ce qui nous convient réellement peut nous effrayer ! Nous sommes tellement habitués à « trimer »; c’était trop beau pour être vrai !

Et en effet, l’aventure prit fin pour diverses raisons. Parfois vous tombez sur la perfection à première vue, et puis la vie fait que… cela ne fonctionne pas. Alors, après une grande tristesse, je dois bien le reconnaître, j’ai accepté et avancé… Encore. Après tout, si ça ne s’est pas fait, c’est qu’il ne fallait pas que ça se fasse ! Et puis, comme l’illustre parfaitement cette citation :

Et il l’est resté, un guide, pendant longtemps. J’aime encore aujourd’hui lui demander conseil, écouter ce qu’il dit et savoir ce qu’il devient. C’était en tout cas une bien belle expérience que d’être confrontée à ça. Cela m’a encouragée à redoubler d’efforts pour trouver MON projet (à moi toute seule) d’abord.

Si tu envisages de l’aide d’un professionnel dans l’orientation, je te recommande vivement de consulter un ingénieur ou équivalent ! Celui-ci a reçu une formation totalement adaptée et en lien avec l’orientation (les ingénieurs ne font pas que de la mécanique ni de l’informatique, les cours proposés sont de plus en plus captivants). C’est une vision différente des psychologues. Je l’ai trouvé incroyablement efficace et juste, en plus d’avoir une tonne de ressources à me recommander. Encourager quelqu’un à réfléchir par soi-même est peut-être ce qui manque justement à l’orientation aujourd’hui. Lui en avait, en tout cas, le savoir-faire.

Rencontrer un jeune entrepreneur (quelle aisance ils ont, ces jeunes entrepreneurs ! Ils n’ont pas peur, ils foncent ! Quelle richesse que de côtoyer des générations différentes !), m’a donné envie d’explorer davantage la vie de freelance.

De quoi avais-je envie ? Qu’est-ce que j’avais à proposer ? Comment pouvais-je l’améliorer ? Y avait-il un marché potentiel ? Mes premières questions d’entrepreneur (en test).

Mon expérience au sein de la banque fut brève : c’est un travail intéressant ! Mais absolument pas fait pour moi. J’avais passé beaucoup trop d’années à courir partout et à travailler au contact des gens. Je ne tenais pas en place à mon bureau, et je m’étais transformée en pipelette après quelques mois. J’avais besoin de me retrouver : ce fut simplement une belle pause.

Les employés sont véritablement choyés dans ces boîtes, par rapport à ce que j’ai pu connaître dans ma vie. Tout est servi sur place sur un plateau d’argent, même les vaccins contre la grippe ! Et je ne parle pas du salaire maintenu presque totalement pendant un an pour un congé maternité ! Ça me touche en tant que maman ; j’aurais aimé connaître cela quand je le suis devenue. Je n’avais tellement pas l’habitude de tous ces traitements de faveur que durant les nombreux déjeuners et goûters communs, je retournais rapidement derrière mon bureau pour continuer mon travail. Je pris enfin la décision de ne pas renouveler mon contrat d’intérim.

Il arrive que nous ne soyons pas faits pour un bon poste. Cela n’a rien à voir avec notre valeur, mais avec ce que nous sommes : ado, je pensais déjà que je n’étais pas faite pour travailler derrière un bureau. Mais à ce stade de ma vie où j’étais obligée de reconnaître que je m’étais souvent trompée, il était important de le retenter pour en avoir le coeur net. L’expérience fut donc un succès, puisque j’en avais tiré des enseignements capitaux pour la suite !

Testez-vous ! Prenez des congés, et demandez à votre entourage si vous ne pouvez pas les assister une journée dans leur travail. Si vous ne le faites jamais, comment pourriez-vous le savoir ?

J’avais maintenant tout mon temps pour creuser mes envies de freelance.

J’étais maquilleuse, et j’avais une bonne expérience et des facilités. Mais l’envie ? J’avais des tas de choses à tirer au clair avec ma maturité du moment. Mais d’abord, j’avais besoin de rencontrer des gens du milieu.

Quand on souhaite se lancer dans l’entrepreneuriat, on apprend très vite l’importance du réseau. Nous sommes seuls dans notre activité, certes, mais loin d’être seuls dans cette aventure en général. Il y a des espaces, des cafés, des associations, des sites internet et j’en passe, spécialement conçus pour vous mettre en lien avec vos pairs. Apéros, échanges de compétences, rencontres en tout genre et autres séminaires… La créativité est de mise. Il y a aussi plein de livres et fichiers vidéo à disposition sur le web pour s’inspirer toujours plus. « L’entraide » est le maître mot de ce secteur.

Cela m’a fait l’effet de découvrir l’existence d’un monde merveilleux et libre : je transportais mon « bureau » dans ma besace, partout où je voulais ! Je travaillais dans des endroits magnifiques. Certains entrepreneurs, même, travaillent partout dans le monde. Je rencontrais des personnes infiniment interessantes, positives et créatives… J’assistais à des évènements totalement atypiques et « cool » pour parler de mes projets et envies à des personnes « atypiques et cool », réellement intéressées, qui m’exposaient aussi les leurs. Je les écoutais avec grand intérêt et un émerveillement à peine dissimulé ; je ne pouvais pas ! J’étais à mon Disneyland personnel !

Ils avaient tous de formidables idées ! Réalisables ou pas… Mais le simple fait d’en parler et de les écouter faisait du bien à l’esprit ! Grâce à toutes ces belles rencontres, j’ai pu recueillir toutes les informations nécessaires pour me concentrer sur mon cas. J’ai même suivi un stage pour me préparer à l’activité d’auto-entrepreneur. J’étais prête ! Mais hélas, ce que j’avais à proposer ne voulait pas s’ancrer dans un véritable projet.

Le networking, quelle joie ! Echanger des réflexions, des compétences et parler de ses projets est capital pour leur bonne évolution. Aidez et faites-vous aider ! Gardez contact avec ces personnes merveilleuses et riches. Parfois, même, certaines peuvent vous sauver la vie, et vous, vous pouvez apporter des tonnes de sourires.

Grâce à ma passion pour les sciences humaines et leurs besoins en écriture, j’ai rencontré pas mal de Coachs. Ils sont formidables et tellement chaleureux ! Tous forts d’une riche expérience ou affublés d’une solide résilience, ils donnent envie de se dépasser. Ils sont tous profondément investis dans leurs tâches et sont pour moi des personnes de grande qualité, avec de belles valeurs humaines couplées à un sain pragmatisme. Leur enthousiasme est tellement contagieux qu’il a su réveiller en moi mon envie de prendre en charge des personnes. Elle dormait, ces derniers temps.

Vous rencontrez un problème ou un blocage dans votre carrière, vous n’êtes pas forcé pour autant de changer radicalement de vie ! Faites appel à un coach en entreprise. Il saura trouver ce qui coince pour vous faire avancer, sans forcément changer de bureau. Vous retrouverez un nouvel entrain avec de nouveaux objectifs adaptés à votre personnalité. Le problème ne se situe peut-être pas bien loin !

Le partage de compétences avait réveillé mon envie d’écrire. Alors, j’allais essayer d’intégrer le monde très convoité de la presse, car j’en avais eu souvent le désir. Les entrepreneurs écrivent souvent pour partager leur expérience et expliquer leur activité. C’est une compétence essentielle à avoir. J’avais beau savoir écrire, écrire pour le web était une autre histoire. Il est facile de trouver des conseils, tutoriels, mooc et ouvrages sur le sujet pour mettre à jour ses compétences. Mais là, je voulais écrire pour des magazines.

J’explorais maintenant le journalisme et interviewais des professionnels du secteur. J’avais retenu l’attention d’un magazine spécialisé que je lisais à l’époque,  et le directeur était prêt à me laisser essayer. Il m’avait donné une formation flash éclair que j’enrichis ensuite avec de nombreuses ressources. C’était incroyablement intéressant ! J’avais rencontré plein de professionnels à questionner. J’adorais les écouter. Mais j’avais connu l’écriture libre, et je ne pus me résoudre à composer avec toutes les règles imposées (néanmoins légitimes).

Mon expérience fut brève, mais j’avais touché du doigt un rêve qui n’était, en définitive, pas totalement fait pour moi. Ecrire : oui ! Devenir journaliste : non. C’est un savoir-faire que je ne me sens pas d’acquérir aujourd’hui. J’ai essayé et j’en suis fière ! Mon style a été complimenté, aussi brut fut-il. C’est un merveilleux souvenir.

Durant mon parcours, j’ai croisé pas mal de maximes sur la pensée positive ; celle-ci illustre parfaitement cette audace que j’ai eue à vouloir tenter le journalisme, avec pour seul bagages mes blogs perso et mon style informel :

Après coup, je me suis dit, quand même, que j’avais eu un sacré culot de me positionner dans la course à la pige, à côté de jeunes adultes ultradynamiques et bien nés, au cerveau surboosté et qui sortaient tout juste de Sciences Po ! La vie est vraiment surprenante, et vous aussi vous pouvez l’être !

Vous avez une envie un peu folle ? Osez quand même ! Persévérez ! Vous rencontrerez peut-être quelqu’un que vous toucherez et qui sera prêt à vous donner votre chance. C’est à vous ensuite de la saisir. Et si vous ne le faites pas, murissez sérieusement votre choix et assurez-vous que vous n’aurez aucun regret.

Les remarques et conseils de mes supérieurs « flash éclair » ont été essentiels à mon parcours, de toute façon. Aujourd’hui je retrouve mon bon vieux blog et mon écriture libre imparfaite, illimitée et sans stress. C’est ça que j’aime faire au fond, raconter ma vie et m’amuser avec les mots, sans pression. Mais j’ai tellement progressé grâce à cette aventure ! A tous les niveaux !  Osez, vous dis-je !

A ce stade du parcours, j’étais soulagée de nombreux doutes, mais de nouveaux apparaissaient ! J’aimais cette vie libre, mais pas tout à fait… Elle avait forcément un prix : celui de tout faire. Ça aurait dû être, d’ailleurs, un vrai bonheur pour une multi-potentielle ! Mais non. Quelque chose bloquait. Je voulais varier mes tâches, mais pas non plus à ce point là. Je voyais tant d’indépendants passer leur vie à penser à leur travail. Je ne voulais pas cela non plus… Et mon concept, en plus, ne me satisfaisait pas. La vie d’entrepreneur, c’est aussi énormément de doutes à surmonter. 

Quand vous êtes assaillis par des montagnes d’interrogations en tout genre, il est essentiel de hiérarchiser. Posez vos idées (par écrit, par exemple) et déterminez de quoi vous avez besoin en premier. Ensuite, prenez le temps d’y répondre et, s’il le faut, demandez de l’aide à votre réseau !

J’avais envie d’accroître mon offre de services de mises en beauté, avec ma passion pour les sciences humaines. Maquiller ne me suffisait plus, et j’avais aimé aider mes clientes, à l’époque, à regagner confiance en elles. J’avais une facilité pour l’art. Alors, j’ai pensé à l’art-thérapie ! J’ai également exploré le domaine et testé des ateliers. Un beau moment enrichissant (encore) ! Qui m’a permis d’ouvrir un peu plus les yeux sur moi-même, de faire de belles rencontres et de me me dépasser une fois de plus !

Ce qui est formidable quand on vit près d’une grande ville, et spécialement la capitale, c’est que l’on a accès à des personnes d’horizons très différents et variés ! En une simple recherche, vous pouvez approcher ces personnes pour prendre les renseignements que vous recherchez (vive les journées « portes ouvertes » !) Si ce n’est pas votre cas, pas de panique : vous avez les réseaux sociaux de networking !

Je pensais avoir enfin trouvé ce qui me manquait et pouvoir foncer ! Mais après de longs moments d’hésitation, je finis par comprendre que je ne voulais pas être une thérapeute ! J’en avais rêvé toute ma vie : la psychologie me passionne depuis mon enfance. Mais non. Ce n’était pas ce que je cherchais aujourd’hui. Je ne voulais plus explorer les profondeurs de l’esprit humain. Et même avec l’art comme médium, je resterais une thérapeute ! J’aime ces métiers que je juge aujourd’hui indispensables à notre société ! Mais ce n’était, encore une fois, pas pour moi.

Il arrive que la vie vous amène à évoluer tellement que vous pouvez renoncer à un vieux rêve de carrière. Ce qui est important, c’est de comprendre pourquoi vous y renoncez. La réponse sera une mine d’or d’informations importantes qui vous aideront à déterminer la suite de votre parcours et votre fameuse « mission de vie » ! Souvent elle n’est d’ailleurs qu’à deux pâtés de maison.

J’avais renoncé à mon rêve de devenir une grande psychologue, bien qu’avec le recul, je n’y aie jamais vraiment cru. Mais aussi loin que je m’en souvienne, quand, à l’école primaire, on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais : Détective privé comme Sherlock Holmes (j’adorais lire ses aventures). A ce moment de ma vie, je ne réalisais pas que je vivais un rêve d’enfant : j’étais mon propre détective à la recherche de ma carrière perdue !

Ce qui est formidable quand on s’offre la possibilité d’explorer ses envies, c’est que durant ce temps, l’on prend un certain recul sur la vie. Ce recul est nécessaire, même s’il n’est pas facile à vivre. Mais la facilité ne nous a jamais permis d’aller bien loin.

Prendre du recul sur la vie permet de briser cette horrible idéalisation des choses. Je n’aime pas idéaliser, même si c’est un réflexe humain systématique (positif comme négatif, certaines personnes idéalisent négativement et d’autres positivement). Prenez du recul, observez. Sans juger. Le monde est tel qu’il est. Et c’est en le regardant ainsi que vous pourrez trouver le moyen de l’améliorer. A plus ou moins grande échelle. A vous de le déterminer !

Mon projet stagnait, encore et encore. C’était interminable. Je voulais me sentir libre dans mon travail, oui. C’est pour cette raison que j’avais voulu me lancer dans l’entrepreneuriat. Mais peut-être que, finalement, ce n’était pas cette liberté-là que je recherchais.

On peut se sentir libre sans patron, autant qu’avec un patron ! Si celui-ci vous permet de travailler pour vos rêves et que vous travaillez donc pour le siens, cette relation sera gagnante et authentique ; vous vous sentirez plus léger. Il y a des avantages et des inconvénients à toutes les situations ! C’est donc à vous de choisir avec quoi vous préférez composer.

J’ai exploré cette envie de retourner au salariat avec beaucoup d’attention. Mon projet ne décollait pas de toute façon. J’avais besoin d’en avoir le coeur net. Et puis, vivre avec des indemnités de chômage en région parisienne devenant trop difficile, j’avais un choix à faire : laisser tomber mon parcours initiatique et donc reporter encore mon objectif ? Ou abandonner mon logement et retourner chez ma mère ?

J’ai choisi la seconde solution. Non pas par dépit, au contraire : je vivais depuis 15 ans loin de ma famille, et j’avais besoin de la retrouver. Mon projet tournait en rond, et je perdais peu à peu mon entrain. Quelque chose bloquait encore : je voulais vivre mes rêves, oui ! Mais après tous ces renoncements et bien des déceptions dont je ne parle pas, je ne savais plus quels étaient mes vrais désirs profonds. 

J’en conclus qu’ils étaient restés bloqués « au pays »;  il était donc grand temps que je mette en application mon humilité (vivre chez ma mère, à 36 ans… la fierté a eu du mal à le supporter) et que je retrouve mes racines. En plus, j’ai de la chance, puisqu’elles se trouvent à côté de celles des oliviers et des palmiers, sous le soleil de la côte d’azur… Il y avait bien pire, donc.  Relativisons !

Quand nos projets sont bloqués, il est souvent utile (voire capital) de se plonger dans ses origines. Nos rêves d’enfant sont nés, par définition, dans notre enfance et au sein de notre famille. Retournez-y et souvenez vous ! En plus de bons moments avec vos proches, vous vous reboosterez entièrement. Demandez-leur de vous parler de vous enfant, tout en restant concentré sur vos objectifs ; cela aidera à raviver les souvenirs auxquels vous n’avez plus accès.

Le chaos et les doutes étaient à leur paroxysme, concernant ma carrière. Mais je ne les vivais pas mal, cette fois, car je savais pourquoi ils étaient là. J’entrepris de les dissiper en agissant, comme toujours, de la même manière : en m’écoutant. 

Ma première pulsion fut d’extérioriser.

Les doutes et l’introspection rendent souvent muet et asocial. C’est utile d’être au calme pour réfléchir, comme il est important d’en parler. Choisissez l’interlocuteur qui vous conviendra, mais ne gardez pas tout pour vous. Nous ne faisons jamais rien véritablement seuls. Même les grands héros qui ont survécu dans un endroit perdu dans la pampa ! S’ils sont là pour vous raconter leurs aventures, c’est bien parce qu’ils ont été secourus par une tierce personne !

Arrivée dans le sud, je me ressourçais comme je l’avais prévu auprès de mes proches, et je rencontrais de nouvelles personnes. Comme la culture du sud est sensiblement différente, j’en profitais pour m’enrichir encore.

Mes interlocuteurs étaient moins idéalistes, plus ancrés et très professionnels. Parfait pour me permettre d’avancer, puisque c’est justement cela qu’il me manquait !

Je reprenais mes recherches là où je les avais arrêtées : suivre mes envies et les opportunités qui se présentent. 

Quand vous cherchez du travail dans une nouvelle région, n’hésitez pas à jouer au jeu des candidatures spontanées et à regarder les réseaux sociaux. Vous y croiserez des annonces en cherchant bien.

J’ai eu beaucoup de refus, mais aussi de belles rencontres et surprises qui m’ont permis de retrouver le nord : il était temps que j’arrête de tester, que je fasse enfin un vrai choix et que je m’y consacre. 

Après de nombreux essais pour trouver votre voie professionnelle, il y a toujours un temps où l’on doit stopper, analyser et écouter ses ressentis. Cela ne sert à rien d’avoir entrepris une telle recherche si vous ne prenez pas une décision ! L’envie d’arriver à ce stade se fait bel et bien ressentir d’elle-même. Inutile de la provoquer.

J’avais assez d’informations pour être capable de trouver ce que je voulais, mais cela ne venait toujours pas. J’avais très peur de ne plus jamais retrouver la motivation pour quelque chose en particulier. Je savais bien, en revanche, que les choses arrivent quand l’on ne s’y attend pas. Je laissai mon cerveau trier ces expériences en espérant que la réponse apparaîtrait bientôt. 

C’est ainsi que j’ai rencontré la carrière de ma vie. Froidement. Un matin. En faisant la queue à l’aéroport pour acheter un capuccino !

C’est étrange : je m’attendais à ressentir une révélation profonde, quelque chose de puissant du style « OUIIII C’EST CAAAA QUE JE VEUX FAIIIIIIIRE !!!!!!!! ». L’appel de la vocation, ou quelque chose de ce genre (j’ai regardé beaucoup de films et lu beaucoup de livre, il est vrai). Mais non. Je me suis simplement dit à ce moment-là : « Et pourquoi pas ? » L’évidence est apparue en allant vers ce projet, peu à peu, tranquillement. 

J’avais enfin trouvé la réponse à mon équation à mille inconnues, sans stress ni explosion de joie, dans la plus grande simplicité. Tous les points de ma vie s’alignaient, et tout devenait un peu plus clair chaque jour.

C’est la simplicité qui m’a permis de comprendre que j’avais arrêté mon choix. 

Ces moments avaient été tellement difficiles, émotionnellement, à traverser que j’avais ressenti à nouveau le besoin de m’exprimer à travers l’art. Cela m’arrivait souvent dans mon parcours. A chaque fois que j’avais besoin de me recontruire intérieurement. Je n’ai jamais été une grande artiste, ni une grande « quelque chose », d’ailleurs (si ce n’est une grande femme d’1m73) ! Mais je saisissais rapidement la technique, et proposais mon style. L’art (faire de l’art, et non le regarder), m’a toujours fait beaucoup de bien. J’ai réalisé une vingtaine de tableaux d’art abstrait (que vous pouvez regarder si vous le souhaitez en cliquant sur mes liens de réseaux sociaux, dans la side bar).

Quand vous traversez une zone de turbulence intérieure, n’oubliez pas de vous livrer à des activités qui vous permettent de vous stabiliser.

En contemplant mes toiles, je me suis souvenue de l’enfant que j’étais. Il parlait grâce à ma peinture. J’étais de nouveau connectée à mes rêves profonds. C’est grâce à cela que j’ai pu arriver au bout de mon dilemme !

Quand nous avons l’immense plaisir d’avoir fait un vrai choix qui nous correspond, et après un tel parcours de remise en question, nous ne sommes plus dupes : nous savons que ce que nous voulons n’arrivera pas par colissimo en 24h dans notre boîte aux lettres. Il va nous falloir bosser très dur pour gravir cette dernière montagne. Mais comme c’est notre montagne, nous ne rechignons (presque) plus.

Je n’ai jamais aimé commencer une nouvelle aventure sans fermer les livres précédents, mais je l’ai pourtant fait très souvent. Alors cette fois, je prends le temps d’aller au bout de tous mes ouvrages encore ouverts, à travers mes études et mes expériences du quotidien, et je les referme quand c’est le moment.

Je pense aujourd’hui qu’être libre de son passé pour entrer dans sa nouvelle vie dans de bonnes conditions, est un choix stratégique bien plus intelligent que de foncer comme un bélier.

Nous ne nous rendons pas compte que nous commençons les choses trop rapidement, poussés par notre société exigeante qui évolue à toute vitesse. J’en parle, car j’ai toujours agi ainsi, ce qui m’a valu de rencontrer pas mal de murs. Prenez le temps de faire les « lâchers prise » dont vous avez besoin. Prenez-le vraiment. Quand ils arrivent, nous le sentons, dans une émotion tranquille.

Faites-vous aider également : il est très difficile de déchiffrer son propre inconscient ! Un regard extérieur affûté et/ou professionnel sera votre meilleur allié. Une personne qui parle votre langue, qui plus est. A ce stade de l’aventure, vous vous serez certainement rendu compte à quel point chaque personne a sa réalité. Autant choisir quelqu’un qui en a une similaire à la votre, pour ne pas vous fatiguer à traduire continuellement.

En conclusion de ce parcours mouvementé, mais tellement riche et passionnant (j’ai adoré faire ce voyage !), je dirais que je ne regrette absolument RIEN ! J’ai fait des erreurs, c’est certain. Mais j’ai appris grâce à elles. J’ai fait des rencontres incroyables aussi. 

Je suis passée très souvent pour la plus grande indécise et capricieuse de la terre ! Mais quelle importance a, finalement, le regard des gens qui ne vivent pas ce que vous vivez, vous ? C’est parce que j’ai justement voulu plaire à tout le monde que je me suis retrouvée si perdue dans ma vie !

Bien souvent, je me suis dit que face à mon handicapant déni de carrière, je ferais mieux de tout abandonner pour leur faire plaisir et ne pas les perturber. Trouver un job où je m’ennuie, mais où je gagne ma vie et « rentre dans le moule ». Comme ça, tout le monde serait content ! Sauf moi. Et puis, le simple fait de formuler la question de la sorte, m’a rappelé à quel point j’avais raison d’écouter mes besoins !

Ecoutez-vous et organisez-vous pour ne pas faire n’importe quoi. L’équilibre sera votre meilleur allié, si vous choisissez de sortir du cadre ! Cela vaut vraiment la peine.

Je suis heureuse aujourd’hui d’avoir trouvé mon projet ! Je pensais réellement ne jamais y arriver, parfois. Ce n’est évidemment pas gagné, cela dépend de moi en grande partie, et je ferai ma part. Ce parcours atypique m’aura permis de me renforcer, assez pour attaquer ma randonnée. Et je ne réfléchis plus : je fais. 

Il y a un temps pour tout dans la vie ; lui trouver un vrai sens en fait partie. Si vous en ressentez le besoin, alors donnez-vous les moyens. Ce ne sont pas les ressources et solutions qui manquent : de nombreux compagnons de route éprouvent, comme moi, le besoin de raconter et souvent de partager leurs méthodes. Il y a plein de bouquins motivants et remplis de tips de qualité. Lisez-les comme un guide du routard, enfilez vos baskets, votre sac à dos, vos ailes. Vérifiez tout ce qu’il faut vérifier, avant de partir et envolez-vous !

A bientôt ! Et partage ton expérience en commentaire !

Merci de respecter mon parcours et mes choix, si tu tiens à partager avec moi ton avis. L’ouverture d’esprit et la correction sont obligatoires sur ce site. Au plaisir ! 

(Liens vers l’image de ce billet, ainsi que l’article que je cite au début : ICI)

 

LE METIER PASSION : Oui, mais… Retour d’expérience.

Je ne sais pas si tout le monde a eu la chance de faire un métier passion dans sa vie… Moi oui !

Je n’avais jamais su déterminer ce qui éveillait la passion en moi, jusqu’à cette rencontre :

J’étais au Pôle Emploi depuis peu de temps, je sentais que j’allais avoir du mal avec ce système et, grâce à un atelier pour m’aider à trouver le métier qui me convenait, que ce n’était pas le moment pour que j’en prenne conscience grâce à un questionnaire.

Alors je me suis lancée avec ce que j’avais en poche comme diplôme, dans une nouvelle voie que je n’aurais jamais pensé trouver dans ma vie : L’éducation.

Une amie de fac m’avait conseillé ce travail, car il comportait pas mal d’avantages pour la jeune maman que j’étais : les week-ends, des horaires d’école, les vacances scolaires. Pourquoi pas ? A ce moment, je ne me doutais évidemment pas que j’allais l’aimer, ce métier. Bien plus que moi-même ! Et que j’allais donc entrer dans un moment de vie passionnel !

J’avais envoyé une trentaine de candidatures dans les établissements du coin. Le surlendemain, je recevais un appel à 10 h du matin pour venir passer un entretien. Pas le temps de manger ; j’ai filé sous la neige vers ce groupe scolaire catholique sous contrat étrange, un château et un immense domaine, à la limite de la Seine et Marne, dans le 93. Je rencontrai la DRH ; elle me demanda si j’étais prête à commencer tout de suite : j’ai accepté sans réfléchir. J’étais à la guérite, à l’entrée parking qui était également une sortie possible pour les élèves, pour remplacer un gardien absent. Je n’avais aucune idée de ce que je devais faire, mais je me suis débrouillée. C’était le 10 décembre 2010, un jour où la neige a immobilisé toute la région parisienne. Je suis rentrée chez moi à 23 h en quittant le travail à 16h30, à 10 km de chez moi… Un premier jour que je ne suis pas prête d’oublier !

J’ai poursuivi ensuite. J’avais en charge l’encadrement disciplinaire des 5e pour commencer, puis j’ai fait tous les niveaux, pour finir au lycée avec les Terminales, à ma demande. Ce niveau représentait pour moi un passage de la vie intéressant dans lequel je m’inscrivais. Sans doute était-ce là qu’affectivement, j’étais restée !

Des employés de l’établissement m’ont confirmé qu’ils étaient nombreux à avoir appris leur métier sur le tas. J’acceptai le défi, mais j’eus le plaisir d’être conviée à une formation quelque temps plus tard. Je n’étais vraiment pas contre un petit coup de main !

Être face à une classe de 25 à 30 élèves, c’est bien plus compliqué qu’il n’y paraît. Ce ne sont plus des enfants, mais des adolescents. Ils aiment tester vos limites et imposer leurs lois, pour certains. Chaque jour, j’étais confrontée à moi même, à ma propre autorité. C’est donc sans tarder que le sujet m’a totalement passionnée. J’avais, en plus, un immense respect pour les élèves. J’avais à coeur de leur permettre de vivre leur scolarité mieux que je n’ai vécu la mienne et les traiter comme s’ils étaient les miens : avec respect et investissement (avec tout de même quelques limites nécessaires).

Je suis passionnée de psychologie depuis que j’ai 8 ans, car ce domaine m’a permis de comprendre la vie. Quand je suis devenue mère, je me suis plongée dans des écrits sur le sujet. J’ai énormément exploré la « pédopsy » et l’éducation parentale, avant même de commencer ce travail. C’était donc une suite logique que de me consacrer aux sciences de l’éducation et à la pédagogie.

Je pensais ne rester que quelque temps à ce poste et partir… Mais j’ai été totalement happée, et je suis restée 6 ans ! J’ai étudié comme une véritable étudiante, en contrat de qualification. J’appliquais des méthodes que j’avais appréciées et je les remettais en question si cela n’allait pas, pour les adapter à mon environnement et créer les miennes, sur mesure. C’était réellement passionnant ! J’avais en plus des tonnes de professeurs sous la main, avec qui je pouvais échanger sur la pédagogie et nos méthodes. Les professeurs sont, eux aussi, de grands passionnés. J’ai adoré travailler avec eux, car nos rôles étaient complémentaires et j’y trouvais ma place et ma bonne utilité, même si j’étais parfois débordée. Je voulais faire BIEN. Je m’en donnais les moyens. Et la Direction m’en laissait la liberté, en m’apportant le soutien nécessaire. Je me réalisais réellement. J’aimais mon travail passionnément. J’étais heureuse d’être en vacances, car épuisée moralement. Mais j’étais heureuse aussi d’y revenir, car tout cela me manquait rapidement.

Je me souviens, un jour, alors que je marchais dans la cour vers mon bureau, m’être dit à quel point j’avais de la chance de ressentir une telle joie d’aimer venir travailler. Ma vie privée s’étant écroulée, je m’y investis davantage. J’étudiais et je testais des choses, sans relâche. J’en parlais. Je rencontrais des « pro » du métier pour des débats captivants. Je lisais toute la nuit. Ma vie ne tournait qu’autour de ce sujet : l’éducation. D’autant plus que je n’enlevais jamais ma casquette en rentrant à la maison. J’éduquais aussi mon fils, et il était hors de question que je le néglige : il demeurait consciemment ma priorité. Une vraie vie de passionnée !

J’en parle encore avec beaucoup d’émotion. Je ne pensais pas un jour pouvoir vivre ainsi, puisque justement, je me lassais très vite et j’avais beaucoup de mal à trouver ma voie. J’avais abandonné la psychologie au premier semestre à la fac, car j’avais jugé mes compétences scientifiques bien trop sommaires pour y arriver. Je n’étais pas prête à creuser à ce moment-là. Mais je me suis, depuis, bien rattrapée. A ma manière du moins, car j’ai tout fait en autonomie complète. Même si je me suis inspirée des méthodes des collègues souvent, c’est moi qui provoquais la rencontre et qui gérais ces informations. Je faisais tout cela pour moi-même. Pour nourrir ma passion.

J’ai voulu beaucoup en faire, même trop par rapport à ce que je pouvais assumer. Mais c’est bien souvent comme cela qu’on s’investit dans une passion !

Je rêvais de devenir une éducatrice reconnue et innovante. De proposer mes théories, de faire de la recherche. Je me suis renseignée, même, pour préparer un Doctorat. Mais les réalités de la vie et du métier finissent bien souvent par vous rattraper et réduire à néant vos beaux projets ambitieux. Cela m’a été confirmé récemment en discutant avec un enseignant-chercheur d’un autre domaine.

Aujourd’hui je pense, d’ailleurs, que ce n’est pas un mal. Il fallait que j’arrête et me retrouve. Il n’est pas bon d’aimer quelque chose ou quelqu’un plus que soi-même. C’est bien ce que je reproche à l’amour passionnel.

Mon métier ne me permettait pas d’évoluer vers quelque chose qui me satisfaisait, tant au niveau des missions que du salaire. J’ai longtemps cherché d’autres alternatives de progression. Mais le besoin de gagner correctement ma vie bien au delà d’un SMIC prenait de plus en plus d’ampleur, à mesure que je vidais mes économies. Et dans ce métier, on ne doit pas espérer un salaire convenable, à moins d’atteindre des postes de Direction pour lesquels je n’étais de toute façon pas assez diplômée, ni compétente.

C’est bien souvent le cas des passionnés : ils vivent au service de leur passion, mais le salaire ne suit pas forcément. Il est bon de le savoir avant de faire ce choix. Certains s’en moquent et sont heureux comme cela, d’autres, comme moi, y voient une limite.

Je voyais les extrémités de mon apprentissage autodidacte arriver. J’étais bien obligée de les accepter. J’avais beau faire des efforts, cela ne changerait jamais sur ce point. J’ai pensé, en étant sur les rotules et après avoir combattu une résistance monumentale en moi, qu’il était réellement temps de renoncer et de trouver ma place ailleurs, dans un environnement plus adapté. Ce fut un moment intensément difficile, puisque, vous l’avez compris, j’abandonnais peu à peu ma raison de me lever chaque matin !

Nous avions eu également un nouveau Directeur, qui ne souhaitait pas me laisser autant de liberté dans mes méthodes que sa prédécésseure. Je le vivais très mal, car j’avais ce besoin de continuer mes recherches en la matière. Je me  nourrissais quotidiennement de cette nourriture spirituelle. Il me mettait peu à peu au régime strict, et je n’étais pas prête pour cela, puisque ce n’était pas mon choix. J’ai tenté de conjuguer mes méthodes et les siennes. Mais ça n’a eu pour résultat que de m’épuiser davantage, et pour pas grand chose : c’était lui le Directeur, et quand l’on est en bas de l’échelle et sans diplôme, l’étiquette veut que l’on ferme cordialement son clapet et que l’on exécute. Ce fut une des plus grandes déceptions de ma vie, après ma rupture avec le père de mon fils,  qui n’était pas si éloignée de cet évènement.

J’obtenais de bons résultats avec mes élèves, même si j’avais besoin encore d’améliorer mes méthodes. Mon rapport avec les parents était également efficace. Nous travaillions tous ensemble aussi bien que possible, selon les cas.

Pourquoi étais-je pourtant incapable d’accepter d’évoluer ? J’ai mis du temps à répondre à cette question : car devenir l’éxécutant privilégié de la Direction n’était réellement pas dans mes projets, pour ce métier précisément. Pour d’autres oui ! Mais pas celui-ci. Dans l’éducation j’étais une chercheuse et rien d’autre.

Mon patron attendant désespérément de moi que j’applique, m’a un jour proposé de partir. Ce que j’ai accepté sans réfléchir. L’épuisement avait parlé pour moi. L’envie d’être reconnue, de gagner davantage et de connaître autre chose, aussi. Je voulais trouver ce pour quoi j’étais faite. Le domaine des sciences humaines était clair, mais le poste pas encore. Il était normal que cet homme reçoive de moi ce qu’il attendait, même si ses méthodes étaient aux antipodes de la Directrice précédente, et que la transistion avait été difficile à comprendre et à accepter. Il était normal également que je cherche à m’épanouir : je devais donc apprendre à me connaître à nouveau avec cette passion, plus à l’intérieur de moi, ainsi que ces valeurs qui allaient désormais compter dans la balance.

J’ai entamé alors une nouvelle reconversion dont je vous parlerai plus tard, après cet échec dont j’ai eu beaucoup de mal à me remettre. Quand on a la tête sous l’eau, on ne se rend jamais compte de ce que l’on vit ; il faut attendre d’en sortir. J’avais réellement déployé tout mon coeur, ma passion et mon âme. Je me sentais incomprise et rejetée, une des raisons de mon départ également. C’est d’autant plus difficile à ressentir après avoir donné énormément de soi,  bien plus, en fait, que l’on ne pouvait donner, l’épuisement aidant.

Je ne savais réellement pas quoi faire de ma passion en-dehors d’un établissement. Mes recherches et méthodes m’avaient menée vers le chemin de l’éducation alternative. Je ne partageais, de toute façon, plus les valeurs de l’école de la République. J’étais allée trop loin pour y revenir. Je rêvais du système scandinave à ce moment précis.

J’ai recontré un autre passionné du domaine qui partageait mes valeurs, qui m’a fait l’immense honneur de tenter de lancer sa startup avec lui en co-rédigeant le contenu pédagogique de sa plateforme d’orientation en ligne. Il m’a permis de me sentir légitime dans mes choix et mes valeurs éducatives, sans culpabiliser de trahir notre système éducatif français.

J’ai pris une fois de plus un plaisir immense (c’est bien tout l’intérêt d’une passion, d’ailleurs), et d’autant plus immense que cela représentait l’évolution de mes aspirations ! Mais hélas, il n’a pu continuer. Et sans un fondateur, finalement, je n’ai pas les épaules pour aller bien plus loin. Je pense aussi que ce sont les limites d’un intellectuel : il dépend beaucoup de ceux qui savent entreprendre et diriger. Et je n’ai jamais été complètement une intellectuelle, auparavant. J’ai cette contradiction en moi, cette équation que je m’efforce de résoudre.

J’ai néanmoins appris des choses essentielles avec lui, à propos de ma passion. Je ne la vivais pas comme lui : j’avais bel et bien une relation passionnelle. La sienne, je la jugeais plus saine, car plus mesurée. J’ai compris alors qu’à travers les sciences de l’éducation je me reconstruisais, je réglais mon histoire, mes blessures. Cette passion n’était alors pas totalement gratuite. Elle m’était nécessaire pour vivre. J’en étais dépendante. Et il n’a jamais été très bon de construire quelque chose dans la dépendance.

J’ai pris le temps alors de m’interroger sur ce que je voulais en faire. Et la vie m’a menée vers un nouveau projet, plus en accord avec mes valeurs et mes attentes d’une carrière, dans lequel je saurai être plus juste et plus équilibrée ; en plus, je suis formée (les limites de l’apprentissage autodidacte, suite).

Mais comme on ne se refait pas complètement, durant ma formation, j’ai rencontré un domaine que je ne connaissais pas encore, en rapport avec ce métier. Une continuité dans mon parcours. Un nouvel espoir ! Plus mesuré cette fois. Je ne suis pas encore prête à l’explorer.

Rompre avec l’éducation a été pour moi comme une rupture sentimentale. Je suis encore en deuil aujourd’hui, mais je sais que c’était la bonne solution. C’est drôle, j’en parle réellement comme d’une relation ! Mais peut-être que comme toute histoire passionnelle, elle n’était là que pour m’élever et me montrer des choses que je ne connaissais pas encore en moi… Pour me préparer à la suite. MA VRAIE SUITE ! 

Telles sont certainement les dures épreuves des passionnés derrière tout ce plaisir : « tout » donner permet la performance et la créativité… Mais quand on se heurte à un échec, il faut le temps de se relever. Ce que je cherche aujourd’hui de mes passions s’apparente plus à la constance et à la réalisation, à l’humilité et à des bonheurs moins extrêmes, mais de qualité !

Je suis heureuse d’être une passionnée, mais heureuse également de ne plus avoir à le vivre de manière passionnelle.

Alors si tu veux faire un métier-passion, prends un moment tout de même pour te poser les bonnes questions. Car il est vrai qu’il est extrêmement difficile de vivre d’amour et d’eau fraîche. C’est bien d’y songer, de se monter un plan de carrière, de faire les choses intelligemment et sainement, et même de se faire aider !

A bientôt ! Et partage ton expérience en commentaire !

Merci de respecter mon parcours et mes choix, si tu tiens à partager avec moi ton avis. L’ouverture d’esprit et la correction sont obligatoires sur ce site. Au plaisir ! 

(Pour info, je prends mes belles images ICI !)