DEMENAGER FACILE : Comment devenir un pro et déménager sans stress grâce à l’expérience ou au retour d’expérience.

J’ai toujours détesté déménager ! Et en même temps, j’en ai besoin relativement souvent. C’est l’une de mes nombreuses contradictions.

J’ai le profil parfait pour ça : le quotidien m’horripile, je ne suis pas fixée professionnellement, je suis célibataire en ce moment, je ne me sens pas à ma place dans ma région d’origine…

Laisse-moi donc t’offrir mon expérience. Je t’invite à en tirer les enseignements et les déclics qu’il te plaira.

Depuis que j’ai eu l’âge d’y penser, j’ai rêvé de vivre ailleurs que chez moi.

Quand j’étais adolescente, je vivais dans un charmant appartement dans une belle résidence tranquille, familiale, arborée, de la Côte d’Azur ; l’endroit rêvé pour grandir. Mais j’espérais déjà vivre en plein coeur du bouillonnement de Nice. J’aimais me mêler à tous ces gens d’horizons différents, la profusion d’activités qu’offrent les grandes villes, la proximité des lieux de la vie nocturne… C’est le genre de chose qui me permet de me sentir en liberté.

J’avais pourtant, encore une fois, tout ce qu’il fallait pour être heureuse chez moi, dans mon petit village où tout le monde se connaissait (et épiait mes faits et gestes, juste pour le plaisir de les rapporter au bureau de ma mère, à l’office du tourisme de l’endroit). Déjà, ce n’était pas « moi »

Alors j’ai commencé soft : à 15 ans, j’ai eu un petit copain niçois chez qui je passais le plus clair de mon temps. Deux ans après, j’en avais un autre. Celui-ci avait un charmant studio sur les hauteurs de Nice et m’emmenait régulièrement chez sa mère, en Corse, pendant les vacances scolaires. Je les aimais, ces deux garçons, mais j’aimais aussi beaucoup trop la liberté qu’ils m’offraient sur un plateau ! (Trop = Pas bien)

Après une première année à l’université de psychologie de Nice, j’ai cherché un cursus qui me ressemblait davantage. C’est ainsi que j’ai atterri à Aix en Provence pour suivre ma première année d’Arts Plastiques à la faculté de lettres de la ville. Ce fut mon premier vrai déménagement. Cela tombait bien ! Ma mère devait quitter l’appartement qui m’avait vue grandir. Je commençais ainsi un premier tri radical dans mes affaires.

C’est précisément ce que je déteste faire : LES CARTONS ! Heureusement, à 19 ans, il n’y a pas grand chose à déplacer. Et surtout dans une chambre meublée de ma future « Auberge Espagnole » des Bouches du Rhône !

La vie aixoise était pour moi fort agréable. Plus apaisante que sur la Côte d’Azur et tellement vivante !  Les avantages du déménagement : quand on arrive dans notre nouveau quartier, c’est toujours un plaisir fou de sortir explorer les environs et d’apprendre à se créer de nouvelles habitudes. Je crois que c’est une joie que j’aime beaucoup trop ressentir ! Car après quasiment une année d’exploration, j’étais en route vers Paris, pour de nouvelles aventures et habitudes à construire.

Mes études ne me menant nulle part, je décidai de faire une école d’Arts et de suivre celui qui allait devenir le père de mon fils, car il ne trouvait pas de travail décent dans son domaine sur la French Riviera.

Je suis partie le rejoindre avec seulement une seule valise et le strict nécessaire dans un foyer de bonnes soeurs du 15e arrondissement, Porte de Versailles. Je vivais en pleine euphorie ! La petite provinciale qui débarquait dans la capitale, des rêves plein la tête ! Génial !

J’ai ensuite trouvé une petite chambre de bonne, sur les toits du même quartier qui m’offrait, en prime, une vue imprenable sur la Tour Eiffel. Un bonheur ! J’avais un travail. Une école. Un petit copain dans la rue,  juste derrière chez moi ; j’étais prête à m’installer durablement.

Comment faire quand on s’installe à 1000 km de chez soi ?

On part avec le strict nécessaire, le temps de trouver un vrai pied à terre, un « plan de secours » type logement chez l’habitant, AirB&B, ou autre, si on n’a pas pu trouver, avant, un vrai logement. Une fois installé, on fait rapatrier ses affaires par la Sernam, une société de transports de bagages, ou son équivalent. Une très bonne idée de ma mère ! Mais uniquement valable si vous n’avez que « peu de choses » à vous faire livrer. A moins que vous n’ayez pas de limite de budget : les déménageurs feront très bien l’affaire.

Après quelques heureuses années, j’ai finalement fini par m’installer avec mon compagnon… A un pâté de maisons de là ! Inutile de préciser que malgré quelques efforts sportifs, ce déménagement-ci fut plutôt facile.

A l’époque, j’avais à peine la vingtaine et quasiment pas de meubles. Quand je déménageais, je transportais mes affaires d’un point A à un point B sans trop réfléchir.

La première difficulté arriva quelques années après : j’étais enceinte ! Quelle joie ! Mais dans notre petit deux pièces, difficile d’accueillir notre futur bébé… J’ai eu beau rechercher sur Paris intra muros un 3 pièces, impossible pour notre budget ! Un ami nous proposa celui de son père en banlieue, en Seine et Marne. Gros changement en perspective ! Mais l’appartement était si mignon, neuf, confortable et calme et offrait de si beaux avantages, que je ne pus résister à choisir ce nid pour mon petit oisillon.

C’était parti pour Vaires sur Marne ! Et pour un 4e déménagement… Beaucoup plus difficile : Nous avions déjà commencé à accumuler nos premiers meubles Ikea, et je n’étais pas capable de porter pour aider. Heureusement que nous avions des amis toujours prêts, eux, à nous aider. Et un camion de déménagement. Tous ces travailleurs furent récompensés par des petits apéros joyeux dans notre nouveau domicile. Et nous étions prêts pour notre nouvelle vie de banlieusards !

Quand tu commences à avoir beaucoup de choses à déménager, ne joue pas au héros : appelle tes amis contre de bons festins chaleureux et loue un camion de déménagement pour les gros meubles. Récupère les clefs avant, pour emmener les petites choses, petit à petit, quand tu as le temps. Ne lésine pas sur les bières et les chips ! Et dans le cas présent, sur les nounours à la guimauve en boîte géante, trouvés dans un boui-boui du coin. Ça crée des souvenirs !

J’étais prête à me fabriquer un énième nouveau quotidien .. Mais quelques mois après, ce fut une nouvelle routine de parents qu’il fallut inventer ! Et la région n’était pas avare d’espaces verts et de bases d’activités ! C’était un coin parfait pour voir pousser notre petit bonhomme.

Nous étions bien, mais nous voulions sauter le pas et devenir propriétaires.

Après une longue attente et de bonnes relations avec l’agence immobilière, nous trouvâmes notre fameux « 4 pièces-terrasse en banlieue ». Avec un dressing (transformé finalement en buanderie), un cellier (un cellier ! C’est génial !), une baignoire, un double-séjour et une belle vue sur le parc. Petit bémol : toute la déco était à refaire ! C’était ignoble. Mais l’appartement avait le mérite d’être vraiment pas cher, et les charges étaient abordables.

Quand tu achètes un appartement et, une fois de plus, que ton budget est limité… N’aie pas peur de refaire la déco ! C’est un gros investissement, mais ça te permet parfois de trouver des petites perles rares. Soit tu le prends en compte dans ton crédit, soit tu fais petit à petit, c’est à toi de voir. Nous l’avions visité pourtant, mais nous ne l’avions pas regardé plus que cela, tant il y avait à faire ! Nous sommes revenus vers lui ensuite, en espérant que ce n’était pas trop tard. Demande de l’aide à tes amis, tes voisins, contre un petit billet ou un bon repas. Et ose tenter des choses toi-même ! Tu seras étonné de tes capacités en la matière. Les Leroy Merlin & co sont remplis d’astuces en tout genre pour te faciliter la vie. Et si, comme moi, tu t’ennuies facilement, ça te donnera des choses à faire pour occuper ton temps libre.

C’est ainsi que j’ai poncé des murs, repeint des murs et des portes, posé des sols plastiques, que mon compagnon a ôté du crépit d’extérieur à la disqueuse sur le plafond du salon (WTF), changé les toilettes, posé du papier peint… J’avais la grande fierté d’avoir façonné la chambre de mon petit oisillon moi-même. Et même si, aujourd’hui, je ne pourrais plus refaire tout cela, car je n’en ai plus l’envie, je suis heureuse d’avoir vécu cette expérience !

Nous accumulions encore plus de meubles Ikea (nous pouvions probablement envisager de concourir en tant qu’appartement témoin !), quand d’immenses difficultés nous envahirent… et, quelques années après, eurent raison de notre couple.

Cette fois-ci, le défi allait être grand ! Car avec notre petit garçon, âgé à ce moment-là de 7 ans, nous en avions entassé des meubles et des choses inutiles !

Ce fut d’ailleurs une grande prise de conscience : j’étais devenue une satanée matérialiste, en fait ! Et je détestais ça ! Jusque-là, j’avais été à peine capable de me débarasser de vieux souvenirs en tout genre, et je les accumulais plutôt… Là, j’allais devoir faire rentrer 88 m2 de matos dans moitié moins d’espace ! 

Mon (maintenant) ex compagnon avait décidé de ne prendre que ses affaires essentielles et de me laisser tout le reste. Un cadeau généreux, certes, mais un poil empoisonné tout de même. Ainsi, c’est à moi que revenait la tâche herculéenne de faire le tri dans tout ça !

Quand tu dois faire un tri monumental dans tous tes meubles et affaires, bien souvent à cause d’une épreuve de la vie (séparation dans mon cas, ou autre peut-être), n’hésite pas : fais des vide-greniers pour commencer. Parles-en autour de toi ; il y a peut-être des amis qui souhaitent récupérer des appareils ou des objets pour « pas grand chose » et c’est toujours ça de pris ! Ce dont tu ne peux réellement rien faire, donne-le à des personnes qui en ont plus besoin que toi, ou à des associations comme EMMAÜS. Si tu as plusieurs gros meubles, ils viennent les chercher à domicile bien souvent. Le Bon Coin est aussi une très bonne aide à ne pas négliger. Chaque sou récupéré sera utile dans ces moments qui te demandent pas mal de dépenses imprévues. Et, bien évidemment, fais toi aider par ceux qui le peuvent. Contre, toujours, un bon repas convivial, ou un petit chèque selon l’ampleur du travail. Enfin, tu peux aussi leur donner ce que tu ne gardes pas, s’ils le veulent, ou les échanger contre des meubles dont ils ne veulent plus, eux, et qui seront peut-être plus adaptés à ton nouveau nid.

Ce déménagement fut interminable ! Heureusement, j’avais des amis équipés et décidés à m’aider ! Je ne les en remercierai jamais assez.

J’avais pourtant entamé mon parcours initiatique, seule.

Un jour, allongée sur mon lit, je regardais mon intérieur. J’y reconnaissais chaque moment du quotidien que j’avais passé avec mon ex. Je me suis dit :

Ce n’est pas dans les meubles de mon passé que je vais pouvoir m’offrir un nouveau départ.

Et en effet, cela me pesait. Mon deux- pièces plein de charme du Raincy, la ville la plus bourgeoise de la Seine Saint Denis, pas très loin de mon travail, était fort agréable et avait une vue imprenable jusqu’à la Défense, mais il était aussi « plein comme un oeuf ». Je regardai ensuite la chambre de mon fils, remplie de jouets inutiles, dont il ne se servait jamais. Ils traînaient tout le temps. Je devais les ranger souvent. Il n’était pas spécialement heureux dans son petit monde d’enfant gâté. J’ai alors entrepris un nouveau tri. Non parce que je déménageais cette fois, mais par nécessité, pour mon bien-être.

« Alléger sa vie, ce n’est pas uniquement se débarasser de ce qui nous encombre, c’est faire de la place au beau. » Dominique Loreau

Je ne sais pas qui est ce(tte) Dominique, mais je suis tout à fait en accord avec ça !

Plus j’allégeais mon appart’, plus je me sentais soulagée. Moins d’entretien. Je n’ai aucune passion pour le ménage, donc ce point était non négligeable. Et de belles choses pouvaient donc m’arriver, puisque j’y étais plus attentive et disponible.

J’avais un salaire très bas, aussi ! Donc j’étais heureuse de récupérer de l’argent pour offrir des activités à mon fils, par exemple, ou ne serait-ce qu’un nouveau vêtement. La vie en région parisienne est vraiment très chère ! Surtout quand tu gagnes le SMIC pour un boulot qui te passionne !

J’étais résolue à sortir de cet état d’esprit matérialiste que j’avais obtenu non pas par nature profonde, mais dans l’unique but de masquer mon vide intérieur. Je ne savais plus qui j’étais, je m’étais perdue de vue. Cela demande un long et fastidieux travail sur soi. Et à mesure que j’éliminais du superflu, je pouvais y faire rentrer de l’essentiel.

Mon fils, avec qui nous sommes extrêmement complices, manifesta l’envie d’aller vivre chez son père pour tisser des liens plus solides avec lui. Il avait 9 ans quand il a osé me parler de son désir. Je le félicitai. Je l’avais toujours encouragé à avoir avec moi un dialogue authentique. Ce fut une épreuve très difficile, mais je la jugeais saine et bonne pour lui d’après mon savoir dans l’éducation et la pédagogie que j’étudiais longuement. J’étais résolue à lui offrir ce qu’il voulait. Car ce n’était pas un caprice, mais un besoin profond. Il vivait toujours mal l’éloignement d’avec son père, même s’il le voyait régulièrement. Et sa tristesse me pesait aussi énormément. Mon petit bonhomme n’était plus mon bébé et avait besoin d’un environnement masculin pour son bon développement.

J’en profitai pour quitter mon travail qui ne m’apportait plus ce dont j’avais besoin. Et je fus forcée alors de déménager encore… une 7e fois !

J’avais envie de me rapprocher à nouveau de Paris. Mon compagnon de l’époque y vivait, et j’y passais le plus clair de mon temps libre. Mais c’était vraiment beaucoup trop cher pour l’envisager.

Je finis par accepter un studio que les frères d’une collègue louaient. Elle m’avait présenté cela comme le « super bon plan » ! De plus, elle prétendait qu’elle serait là pour m’aider. Nos rapports commençaient à s’user pourtant, mais j’ai tout de même accepté. Sans doute par facilité.

Ses frères ne tardèrent pas à me donner les clés de mon nouveau studio de Courtry, dans le 77 à nouveau, pour commencer à y apporter mes affaires. J’étais plutôt seule pour déménager. Ma collègue, à qui j’avais demandé plusieurs fois si elle était certaine de vouloir m’aider à nouveau,  – pour pouvoir m’organiser – commençait à me faire faux bond. Je le sentais venir malgré mes multiples tentatives pour la mettre à l’aise en cas de refus, et récolter sa sincérité. Je reçus de l’aide de mon fils en particulier, qui était heureux de participer enfin activement à un déménagement ! Je suis si fière de lui ! Il m’a rendu ce passage tellement joyeux et agréable ! Même sous la neige du mois de Janvier, il était enjoué.

Mais ce qui devait arriver arriva : peu avant le jour J je fut plongée en plein dans des histoires familiales. Certains avaient l’air de réagir étrangement vis à vis de moi… se comportant plus durement que toutes les agences immobilères que j’avais rencontrées, et malgré le fait que je connaissais cette famille. On restait inflexible et rigide à mes demandes, pourtant honnêtes et justifiées. Je sentais que je n’aurais jamais dû choisir la facilité, mais mon préavis arrivait bientôt à sa fin et dehors, il neigeait. J’appelai mon ancienne collègue à l’aide, mais elle se montra à la hauteur de son comportement récent. Hautaine, distante et fermée. Cela a confirmé que notre chemin commun était terminé. Ce problème fut finalement résolu par un sursaut d’intelligence de tous les côtés. Le grand jour arriva, et je n’avais plus l’aide qui m’avait été promise après des propositions pas du tout adaptées et un comportement qui m’a réellement affectée ;  je décidai de laisser tomber et de me débrouiller seule. Alors,  j’ai trouvé un petit déménageur de dernière minute qui me déplaça mes gros équipements pour 200 euros, jusque dans mon nouveau domicile. Un jeune locataire de ma maison me prêta main forte également, pour soulager mon petit garçon et sa maman épuisée !

Quand tu te retrouves seul pour déménager, pour une raison ou une autre, n’aie pas peur d’appeler à l’aide dans ton entourage proche ou ton voisinage. Laisse tes enfants t’aider ! Ils sont capables et ravis de participer. Tout en leur donnant bien évidemment des tâches adaptées. Prends ton temps. Et quand tu appelles des professionnels, expose-leur ta détresse et négocie au maximum. Tu ne le fais pas par impolitesse, tu le fais parce que tu n’as pas le choix et qu’il faut que tu t’en sortes à tout prix. Garde bien en vue ton objectif et reste positif. Tu auras le temps de t’épancher quand le travail sera fait.

La vie à Courtry fut ensuite bien morne, bien que les frères proriétaires ne manquaient pas de passer me dire bonjour gentiment et de venir m’aider quand j’en avais besoin ;  j’avais également de très gentils voisins. Mon ancienne collègue habitait en face, mais je ne la revis plus jamais. Parfois, il y a des gens qui entrent dans ta vie pour te « remuer », pas pour y rester. Il est important d’en tirer les enseignements dont tu as besoin. Pendant ce temps, chacun s’apporte quelque chose mutuellement, néanmoins.

Je n’aimais pas cette vie. Toutes ces rues résidentielles, ces maisons… C’était mortel. Je n’avais jamais aimé la vie en région parisienne, car elle n’était pas « moi ». Pas plus que mon appartement d’enfance !

J’avais entamé et bien consommé ma reconversion professionnelle, dont je  parlerai dans un prochain article. Je vivais désormais du chômage. J’étais vraiment isolée de tout ce que j’aimais. Trop proche de mon ancien travail, aussi,  et sa proximité m’était douloureuse.

Je pris alors la décision de continuer mon chemin en retrouvant ma région d’origine. Je réalisai à quel point je me sentais déracinée en regardant les femmes dans les maisons d’en face. L’une était enfermée toute la journée dans sa grande baraque, à s’en occuper et à la faire tourner. L’autre était la « mamma » des frères propriétaires et de mon ancienne collègue. Une Italienne qui restait dans son petit coin « pour ses enfants », malgré son mal du pays, alors que les enfants restaient ici « pour elle »… Les petits-enfants, pour la plupart, partaient habiter loin, eux … Je trouvais cela absurde et cruel de se mettre autant de barrières, même si elle paraissait avoir fait son choix et laissé tombé ses racines. Je réalisai que ce n’étaient pas mes choix. J’y retrouvais mes grands-mères et mon propre héritage. Mes propres barrières, donc, et je les détestais. Je devais les dépasser !

Quand je me suis séparée, j’aurais bien aimé retrouver ma famille pour me reconstruire. Mais je me suis interdit de le faire, pour rester proche du père de mon fils et pour mon fils. Pour faire comme me l’avaient conseillé de mauvais conseillers. Je me sentais de plus en plus mal et déracinée. Il était temps que je retrouve d’où je venais, car mes rêves d’enfant ne voulaient pas refaire surface, malgré tous mes efforts ! Je tournais en rond, sans issue. Ils étaient forcément restés là-bas.

Alors j’avertis ma mère que je revenais. Un ami de la famille à l’esprit « roots » avait un camion : parfait ! En plein mois d’août, c’était trop difficile et trop cher de louer un camion de déménagement pour ces mille kilomètres. Il se lança sur la route, à vide, pour venir me délivrer de ma prison parisienne, contre le coût de son trajet, de bonnes bières et un kilo de crevettes !

J’entamais un énième tri, toujours secondée par le Bon Coin pour me débarasser de ce que je ne pouvais garder. Je partais d’un 4 pièces vers un 2 pièces, puis un studio, là j’allais devoir cohabiter avec ma mère, dans un deux pièces déjà bien chargé, mais pour le bien de mes projets. J’étais devenue la reine du tri ! Après un temps et un regard en arrière, je réalisai que tout ce dont je me débarassais en cours de route, c’était plus un fardeau qu’autre chose. Les objets vont et viennent ! Même quand ta vie est stable, tu aimes bien en changer ! Et certains n’ont d’utilité que pour une courte période. Ces pertes n’étaient pas graves. Ce qui était grave, c’est que je n’avais plus accès à mes rêves pour réussir le défi de ma reconversion ! Cela valait le sacrifice. Car au fond, cela en était pas vraiment un que de me débarasser de tout ça !

Quand tu dois déménager à la dernière minute en plein été sur mille kilomètres et quasiment sans le sou, il est bon de faire le tour de ton entourage proche et plus éloigné pour voir si quelqu’un n’aurait pas un camion et des muscles pour venir t’aider ! Pour les frais annexes, il existe des petits crédits dans les banques, qu’on peut débloquer rapidement quand on est déjà client. En appelant son banquier et en lui donnant toutes les bonnes infos pour le rassurer, il n’est pas si dur d’être paré financièrement pour surmonter un tel défi ! Les difficultés arrivent, mais ne durent jamais, si on fait les bons choix pour se remonter. Retrouver un environnement qui nous convient est primordial pour se requinquer. Alors, si vous n’êtes pas bien dans votre « chez vous », n’hésitez pas à oser bouger à nouveau ! Je ne me sentirais  pas aussi bien aujourd’hui si je n’avais pas sauté ce pas. Votre santé en vaut la peine ! Et votre vie pourrait ainsi se débloquer grâce à un peu de courage et de jugeotte. Internet offre, en plus, de nombreux sites d’entraide entre particuliers pour les déménagements. Et les commerçants du quartier, des cartons pour charger votre packetage.

C’est donc ainsi que je quittai la région parisienne, après 15 ans de vie heureuse et mouvementée, avec d’innombrables souvenirs, mais également des montagnes de déceptions. Mais un petit garçon merveilleux, toujours, qui accepta le défi de vivre loin de sa maman et de la voir pendant les vacances, le temps de trouver une solution réellement efficace et durable. Encore un gros challenge pour nous… Mais un moment nécessaire. Notre complicité est telle qu’elle supporte même cela ! C’est quelque chose qu’on n’aurait pu savoir sans le vivre. Et un bon exemple pour mon fils, s’il était malheureusement confronté à une difficulté similaire plus tard.

Aujourd’hui je vis à Antibes-Juan les Pins. Mon point de départ après 8 déménagements ! Ironie du sort, je reviens quasiment sans rien en poche, mais tellement à l’intérieur de moi !

Je me suis resourcée et j’ai fait le point. J’ai trouvé une carrière qui va me permettre de visiter le monde entier, et j’y travaille activement. J’ai un vrai projet qui me rend heureuse et qui me ressemble. Ma vie se débloque chaque jour et s’allège de ce qui n’est pas bon, ni utile. J’ai appris à aimer Paris à nouveau en faisant une vraie pause, je peux donc envisager d’y revivre un jour. J’ai appris à prendre davantage soin de moi, en retrouvant un cadre de vie plus agréable qui m’y aide. Et surtout, ces paysages me parlent, car les interminables allées de meulières de la région parisienne ne provoquaient chez moi qu’une aversion profonde. En revanche, je suis en manque d’un environnement plus cosmopolite et plus ouvert. Il fallait peut-être que je revienne jusque-là pour ressentir à quel point j’avais pu devenir Parisienne. Si je n’avais pas eu mon fils ici, j’aurais tenté l’aventure à l’étranger. Mais ce ne sera pas pour tout de suite !

Enfin,

J’ai appris par l’expérience à devenir une vraie pro du déménagement, et sans stress !

Non pas que je souhaite en faire une carrière… Mais combien de fois ai-je croisé des gens qui s’empêchent de vivre leur rêve, de peur de lâcher tout ce qu’ils ont et de devoir bouger… Tout recommencer ! S’ils ne regrettent pas, alors tant mieux pour eux ! La vie est faite de choix, après tout. Mais je suis heureuse de ne plus avoir cette limite-là. De ne voir ce moment que comme un moment très actif qui me permet de faire un tri et de me rapprocher de ce que je veux réellement dans la vie. J’ai arrêté de culpabiliser d’avoir ce besoin de bouger souvent, car j’entendais tant de remarques négatives : « Elle est instable, elle ne sera jamais bien nulle part » et j’en passe. Remarques qui prouvent finalement à quel point leurs auteurs sont limités. Les limites se respectent autant que l’envie de les dépasser !

Alors, si mon expérience peut t’apporter un déclic que tu cherches, de l’apaisement ou encore des idées, je suis ravie d’avoir pu t’aider !

N’hésite pas à me contacter dans les commentaires si tu as des questions ! Ou si tu veux simplement ajouter ton expérience à toi pour les lecteurs qui passent par là. 

Et toi : N’oublie pas de ne pas attendre la dernière minute pour faire le tri. Rappelle-toi que la plupart des objets, tu pourras ou voudras les remplacer ! Que récupérer un peu d’argent sur le moment, pour les frais de ton déménagement, c’est bien aussi, plutôt que de payer plus cher et tout garder. N’oublie pas d’appeler à l’aide, même auprès de tes enfants et à défaut, de regarder les sites d’entraide et de vente en ligne. Enfin, n’oublie pas que tu déménages pour vivre mieux, et que si c’était déjà le cas tu n’y aurais même pas pensé. Ça vaut le coup, je t’assure ! Même si tu as le sentiment que c’est un échec, cela fait partie de la vie et t’enrichit. Reste positif et prends de bonnes baskets !

A bientôt !

Merci de respecter mon parcours et mes choix si tu tiens à partager avec moi ton avis. L’ouverture d’esprit et la correction sont obligatoires sur ce site. Au plaisir ! 

(Crédits: westend61/getty images)