Pourquoi j’aime ma différence ? (Et comment j’ai fait et pourquoi je te le dis)

Je l’ai longtemps rejetée pour faire partie du moule. Ce fameux moule que j’ai rejeté aussi. Oui, ma différence a souvent été un problème dans ma vie. Mais comme tout le monde en fait ! Quand je l’ai compris, ma vie a commencé à s’alléger.

Des différences, nous en avons tous. Mais certains plus que d’autres. Et certaines font plus mal que d’autres. Certaines sont plus visibles. D’autre moins, mais plus lourdes. Certaines sont valorisées et d’autres, montrées du doigts, rejetées.

Mon pays aussi, je l’ai souvent rejeté. Parce qu’ils ne prenait pas soin de mes différences. J’ai longtemps eu ce sentiment d’injustice d’avoir été, enfant, mal guidée ou prise en charge. Mais à bien y regarder, la France est comme chacun : elle fait bien ce qu’elle peut. Et elle ouvre son esprit un peu plus chaque jour, même si ça n’est pas encore ça. Et je crois que ce travail, c’est un peu l’affaire de tous. C’est vrai… Au fond comment quelqu’un pourrait-il changer son comportement, ouvrir son esprit à la différence si personne ne dit rien ?

Je trouve, mais ça n’engage que moi et ce sujet, que l’ancien gouvernement a apporté quelques solutions en ce sens. Je regarde toujours le positif. Car au fond il y en a toujours et ça a le mérite de remonter le moral, plutôt que de parler toujours du négatif et de désespérer. Un juste équilibre que j’aime à trouver. Une fois encore, car ce sujet est sensible, cela n’engage que moi.

Et puis je peux effectivement passer le restant des mes jours à souffrir d’avoir été négligée à l’école ou ailleurs, je peux le nier aussi. Toute ma vie. Mais j’ai choisi de l’accepter. D’accepter cette souffrance d’abord, car je le mérite d’être reconnue victime de ça. Je n’étais après tout qu’une enfant. J’ai pris le temps d’en faire le deuil. De me dire que surement les adultes qui m’ont entourée à l’époque n’étaient pas parfaits. Peut-être, même, ont-ils enduré les même injustices que moi sans être pris en charge eux-même. Peut-être qu’à l’époque, aussi, il n’y avait pas encore tout ce qu’on sait aujourd’hui. Et puis j’ai réalisée que je n’étais plus une enfant et qu’aujourd’hui je pouvais me prendre en charge moi-même comme j’aurais aimé qu’on le fasse. Et, bonne nouvelle, EXACTEMENT comme je voulais qu’on le fasse en plus ! Royal.

Mes différences sont nombreuses : physiques, état d’esprit, manière de fonctionner et de penser, sensibilité, origines étrangères, valeurs…

Autant vous dire que j’ai bien ramassé dans ma vie. La jungle a commencé bien tôt à me remuer. Et je ne l’ai pas souvent bien vécu, mais finalement je m’en sors bien. C’est peut-être pour ça que j’ai aimé être une éducatrice : car ainsi j’ai eu la sensation de me « réparer » en aidant les autres et en leur donnant ce que j’aurais voulu recevoir.

J’ai d’abord pris le parti de rentrer intégralement dans le moule, totalement inconsciemment, parce qu’à un moment « il le fallait ». C’est ainsi que s’est terminée mon adolescence. Je ne comprenais alors pas grand chose à la vie, j’avais de gros problèmes de compréhension en plus, j’ai donc fait comme j’ai pu, au plus simple : j’ai tout nié.

Mais la vie est maligne et elle fini toujours par vous rattraper. Alors que je devenais mère, tout m’a explosé au visage et le constat fut sans appel : En vérité je n’avais rien réglé, rien compris à celle que j’étais.

Je l’ai évidemment mal vécu. Cela a fait de gros dégâts en moi, autour de moi. Mais j’ai finalement décidé de prendre les choses en main. Nous sommes à une époque où les ressources ne manquent pas, ni le récit d’expériences, les professionnels sont abordables… Aucune excuse pour ne pas se bouger. Et pourtant j’ai eu peur : ça effraie d’aller se rencontrer alors qu’on pensait déjà l’avoir fait. Qui sait ce sur quoi on va tomber ?

Mais quel parcours passionnant ! Vous ne serez plus jamais la même personne après une telle chose et à vrai dire c’est très bien, parce que ça ne fonctionnait pas en l’état.

J’ai appris à me connaître pas à pas, point par point. Mon égo en a pris un sacré coup ! Et ça lui fera les pieds. J’ai fait des erreurs. Des tas. Je m’en suis voulu, j’ai baissé les bras. Mais il y a toujours eu quelqu’un pour me tendre une main et me rappeler que :

« il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne font aucune erreur ».

Alors j’ai demandé pardon, à moi même, comme aux autres, et j’ai appris.

Le moule :

Ce fameux moule sur lequel tout le monde crache et que finalement tant de monde recherche/subit/accepte/épouse !

Je l’ai forcément détesté car j’en étais bien loin dès le plus jeune âge. Quelle pression que de devoir y rentrer, surtout quand on ne nait pas avec la bonne forme !

« Comment vais-je bien pouvoir faire pour mettre un cube dans un cercle ? » Il va forcément falloir que je rogne des morceaux de moi-même ! Et je l’ai fait. Comme dans n’importe quel jeu, pour aller vite, on choisi la solution la plus évidente même s’il nous en coûte. Et vu comme j’étais à la traîne, il fallait bien que j’aille vite ! Mais une fois qu’on a eu bien compris que ça ne fonctionnait pas, « rejeter un peu le moule » le temps de retrouver sa forme d’origine et de prendre un moment de réflexion, d’introspection, paraît être une bonne solution. Se regarder et comprendre que peut-être sommes nous aussi flexibles que de la pâte à modeler (un peu dure et séchée, mais flexible). Et qu’en comprenant les choses on peut changer sa forme.

Oui mais au fond qu’est-ce qu’on s’en fout du moule ?

Oui… Au fond on s’en fout. MAIS… Il faut reconnaître que cultiver sa différence est important et même primordial je dirais, car notre différence, c’est bien ce que l’on est. Être intégré à la société est aussi une belle satisfaction à ne pas négliger. Et puis ce moule a le mérite de nous permettre de vivre ensemble, facilement en suivant des règles. Et c’est bon de vivre ensemble et de se sentir accepté et reconnu.

Selon moi, les choses ont un ordre : sa différence d’abord. Car avant de donner aux autres il faut être en mesure de se donner à soi-même. Les choses ne sont pourtant pas bien claires, je trouve, quand on est gosse. En tous cas moi je n’ai jamais compris que c’était ce qu’on me demandait. L’acceptation de soi, normalement, s’aquiert dans l’enfance et au sein du foyer. Mais après six années sur le terrain, je peux le confirmer, et ce n’est pas un scoop :  ça ne se fait pas toujours aussi facilement.

J’ai toujours beaucoup d’admiration pour les familles qui savent le donner et pour ceux, donc, qui l’ont reçu. Ils me fascinent, juste parce qu’ils existent et qu’ils représentent pour moi un idéal dans mes convictions et valeurs. Mais après tout rien n’est parfait, dans aucune famille ni personnalité, même celles-là. La perfection n’existe pas et ces choses bougent et change au fur et à mesure.

L’adolescence a pour but de permettre à l’individu de reconstruire lui-même ce qui a été semé en lui et d’y apporter ce qu’il aura choisi lui-même pour l’enrichir. De s’émanciper, quoi. Mais c’est comme tout, plus on a semé dans un champs, plus on a travaillé pour l’entretenir, plus on a de chance d’obtenir une nature luxuriante et verdoyante. Il n’y a pas de secret. C’est là que nous ne sommes pas égaux et que certains ont plus de boulot. Ce n’est pas péjoratif bien sûr. Mais certains mûrissent plus vite que d’autre et inversement. Et ce n’est pas une mauvaise chose : chacun son rythme et ses besoins. Chacun son parcours, ses forces et ses capacités !

Apprendre à connaître ses différences : 

Comme je le disais : sa différence c’est ce que l’ont est. C’est complexe d’ailleurs, car ça touche à beaucoup de domaines. Mais en gros, c’est parce qu’on est comme ça et pas autrement qu’on pourra apporter telle ou telle chose dans une société.

Cette trop grande conscience des choses, tantôt poids ou force, admirée ou rejetée. Valorisée ou malmenée… Je l’ai longtemps détestée. Mais je l’avais mal regardée. Certes elle me rendait la tâche difficile, j’allais devoir apprendre et réfléchir beaucoup. Chercher du sens partout. Donner de l’importance et fatiguer bien des personnes avec mes millions de questions compliquées. Être critiquée bien souvent, voire faire peur, carrément. En souffrir, tout le temps. Mais cela me permet aujourd’hui d’être celle que je suis. Et si je ne m’accepte pas pleinement, je serai incapable de me « nourir » correctement. C’est un peu comme si je n’acceptais pas le fait que j’ai besoin de manger régulièrement. Oui. Nourriture spirituelle…

Cette grande capacité à réfléchir avait en fait été livrée avec un grand coeur et l’envie d’aider. C’est pourtant bien des gens comme moi au fond, dans une société !

Et mon voisin qui ne réfléchit pas autant que moi, lui. Je l’ai envié souvent. Car lui ne se ramassait pas sans cesse des remarques parce qu’il réfléchissait trop et gonflait les gens. Il n’était pas regardé de travers ! Tout le monde l’aimait lui, sans nul doute (tu penses). Mais après réfléxion, je sais qu’il a eu lui aussi sont lot de moments difficiles, à d’autres niveaux.

On a tous des différences. On est tous rejeté un moment ou un autre à cause de ça. Ainsi vont les choses et il faut l’accepter. La bonne nouvelle c’est qu’un jour on est aussi pleinement accepté pour ces même différences. Notre rôle d’ailleurs, c’est peut être aussi de les accepter d’abord nous même pour aider les autres à faire pareil ! Non ?

Longtemps, j’ai préféré renier mes différences pour être acceptée et aimée de tous. Je pense qu’on fait un peu tous la même erreur, car l’immaturité fait qu’on recherche l’amour à l’extérieur par défaut (comme avec papa et maman). Evidemment, ça ne fonctionne pas ; un jour on finit par accepter que c’est un leurre, que ça ne sert à rien et qu’il serait bon d’avoir envie d’arrêter de pateauger dans la semoule. Et puis on commence à apprendre à s’aimer soi-même. Ça non plus ça n’était pas bien clair. Si j’avais su qu’il allait falloir que je le fasse, j’aurais bossé dessus ! Du coup j’ai rêvassé, moi. Je me suis laissée porter. Mais à vrai dire, on me l’a souvent dit « aime toi toi-même (ouais, t’es gentil, mais j’ai pas conscience que je ne m’aime pas !) mais il m’était impossible de le comprendre avant de l’éprouver et d’en faire l’expérience.

Pour accepter ses différences, il est bon de se réunir avec des gens comme nous. C’est plus simple d’unir ses forces pour obtenir une capacité. Cela implique de l’humilité, oui. Et la conscience de ce que l’on est. Car si on ressent le besoin de se faire aider c’est que ça n’est pas encore une force, mais un poids. Ensuite on aide les autres quand on l’a transformé. Pour les fans de l’échange.

On n’est pas toujours obligé d’accepter ses différences d’ailleurs, car avec de la volonté et de la détermination on peut presque tout changer. Ce que j’ai fait sur bien des points. J’ai ouvert mon esprit, je me suis enrichie, j’ai agit et me suis entourée, par contre, de personnes différentes de moi et/ou capables de m’aider dans mon objectif de transformation.

J’aime cet équilibre entre les choses que je garde et les choses que je sais changer. Cela m’apporte de la fierté de savoir accepter quelque chose chez moi tout comme de savoir le modifier. Je me sens super forte (traduction). Et ça fait du bien !

Il n’y a pas que les différences que l’on choisi de modifier ou de garder : 

J’en reviens donc au moule.

En aucun cas nous ne sommes obligés de nous renier entièrement nous-même pour y rentrer. Après tout, y rentrer ou non, y rentrer un peu, beaucoup, passionnément ou à la folie, c’est également un choix !

Je ne me sens pas obligée aujourd’hui d’être entièrement comme sur le mode d’emploi ! En revanche je sais parfois m’adapter quand je suis en société. Je sais en faire partie davantage quand je vais travailler, quand je me mêle aux gens, mais j’en sors aussi un peu plus quand je rejoins ma vie privée. Je pourrais aussi être tout comme je veux sans me soucier des autres. Mais j’aime le juste milieu.

Le moule, c’est simplement des règles de « bien vivre ensemble » aujourd’hui pour moi. Et je trouve cela normal de jouer le jeu. Il me sembe que c’est quand même un peu mon devoir finalement. Car je suis, aussi, bien contente de pouvoir profiter des avantages de ma société.

Dans ma vie, entièrement, je privilégie la réciprocité, les échanges gagnant-gagnant s’entend. Quand il s’agit de réciprocité négative, finalement je préfère m’en aller. Je ne suis pas là pour faire du mal ou en recevoir.

Alors si je veux prendre des avantages de ma société, je joue un peu ses règles du jeu en respectant mes limites, évidemment. Je n’apprends rien à personne en disant que si je ne respecte pas la loi, j’en paierai le prix. Elle est parfois lourde, mais je suis quand même contente qu’elle soit là.

Il n’est pas bon, oui, de se renier entièrement pour sa société. Je ne pense pas en tous cas que ce soit une bonne chose, à moins d’en faire le choix assumé (pour quelle raison par contre, aucune idée ?). Il est bon de se laisser des moments de décompression. Un juste équilibre, donc, entre ses différences et ses ressemblances aux autres. (Et encore le sujet n’est qu’abordé, il y aurait tant à dire).

La réussite sociale : 

Voilà ce qu’apporte le moule pardi ! Voilà pourquoi aussi, finalement, on pourrait être tenté de faire le choix de s’oublier entièrement pour y rentrer ! La soif de réussite, de pouvoir ! Chacun ses choix au fond.

Je vois le truc un peu comme une sorte de concours : La réussite sociale, plus tu grimpes les niveaux et plus t’es médaillé. Je n’ai jamais eu l’esprit de compétition, mais par contre, j’aime le travail d’équipe !

La réussite sociale c’est un choix, comme tout. Rien ne vous oblige à aller si haut dans les niveaux après tout ! Mais quand on est en bas on ne le vit pas super bien non plus en même temps, sauf si encore une fois, on en fait le choix (mais bon… C’est un autre sujet).

Comme pour tout, je trouve qu’un bon équilibre (selon notre propre point de vue) est la meilleure des réponses. J’ai préféré privilégier ma réussite personnelle plutôt que la réussite sociale parce que ça correspond à mes valeurs. Tout simplement. Evidemment, quand je rencontre mon extrême opposé, on évite de trop discuter de nos idées (c’est mieux pour nous).

C’est une de mes différences : j’ai de fortes valeurs et convictions. Elles passent avant bien des choses et je trouve cela important. Cela m’a souvent valu le rôle de moralisatrice, mais au fond j’ai appris à mettre de l’eau dans mon vin. C’est un gros poids aussi en fait, quand on a de fortes valeurs « trop » jeune, car il devient difficile de trouver sa place ; alors que quand on est jeune on a envie de tout tester, il faut en fait rapidement renoncer à beaucoup de choses. Même si ma façon de voir la vie est pour moi la meilleure, j’ai conscience que ça n’est pas la réalité de tout un chacun. J’aime être capable de respecter cela.

Chaque personne, chaque vision des choses, a un rôle à jouer dans notre société. Comme j’aime le travail en équipe, je ne saurais voir les choses autrement. En revanche, je travaille avec mes pairs pour aller dans le sens de mon idéal et de mes valeurs humanistes plutôt prononcées. Je remue les esprits de ceux qui ne pensent pas comme moi. Ça m’a bouleversée souvent. Et puis j’ai compris que l’opposition avait elle aussi le droit d’exister. Sans opposition je n’aurais aucune raison d’être ainsi. L’opposition me permet d’exister moi aussi. En quelques sortes. Car il n’est pas exclu d’évoluer vers autre chose.

Conclusion : 

Je raconte ma vie depuis tout à l’heure, pourquoi ? Parce que dans mon parcours j’ai souffert et j’ai rencontré des personnes comme moi qui souffraient aussi. La souffrance est utile (parfois), uniquement si elle a une fin. Ecrire ces mots, partager mon point de vue, c’est une manière de remercier ceux qui m’ont tendu la main pour avancer (ça a marché, regarde !) et aider ceux qui continuent de peiner à trouver le bout du tunnel (ça peut marcher, regarde !).

Tes différences sont belles, l’ami ! Moi je les aime ! Alors si tu commences à les aimer toi aussi, tu pourras en faire profiter beaucoup de monde, à commencer par toi-même.

 

Merci de respecter mon parcours et mes choix, si tu tiens à partager avec moi ton avis. L’ouverture d’esprit et la correction sont obligatoires sur ce site. Au plaisir ! 

RECONVERSION PROFESSIONNELLE : A quoi ça ressemble et pourquoi ? Retour d’expérience singulière & tips !

Trouver SA place dans la société…

J’ai lu, il y a peu, les résultats d’un sondage réalisé par le groupe AEF (Agence Education et Formation) qui date du printemps 2017. Il est donc très récent. Sans appel également : 9 Français sur 10 rêvent de reconversion professionnelle. Pourquoi ? Pour donner davantage de sens à leur travail. Sans blague ! Et là, les limites de notre système scolaire dépassé ne sont donc toujours pas évidentes ? Cette manie de nous faire choisir un travail en utilisant uniquement notre cerveau et en omettant qu’il ne suffit pas de bien « penser » mais de bien « aimer » et « ressentir » également ? D’allier les deux et de faire des plans ? Je passe encore pour une hippie aujourd’hui, en m’exprimant ainsi ? Ou c’est bon, les esprits sont ouverts à ces considérations de, je cite non sans sarcasme, mes connaissances mysogines, « bonne femme » ?

Pardonnez-moi, ce sujet déchaîne ma passion comme vous voyez.

Je ne suis donc pas un cas à part à l’heure actuelle, mais laissez-moi vous raconter mon histoire. Elle est longue mais totalement authentique et riche de nombreux Tips (du coup) !

Mon ancien patron m’a dit un jour : « Restez à votre place, Christine ». Que n’avait-il pas dit là !

Il m’avait évidemment fait une remarque sur mon comportement, mais, en même temps et sans le vouloir, il avait soulevé LA question qu’il fallait que je me pose :

Mais où est-elle, en fait, ma vraie place ? Puisque je suis si mal à ma place actuelle que ça me pousse à en sortir chaque jour un peu plus pour la fuir ?

Je sais, je me pose des questions compliquées… Mais j’en suis plutôt fière ! J’aime la précision.

Je ne l’avais évidemment pas attendu pour avoir envie de changer de carrière. Je n’ai jamais été complètement bien dans mon premier choix. J’ai eu envie d’évoluer, mais… J’ai ressenti comme un problème, comme si je m’étais trompée. Il me semblait donc qu’avec un tel sentiment, il n’était pas intelligent de s’engager.

Que faire quand ça vous arrive ? EXPLORER ! Explorez les possibilités qui s’offrent à vous en fonction de vos diplômes, compétences, expériences et envies. Cela vous permettra déjà de faire un tri et d’éliminer ce qui n’est pas faisable.

Hélas, je suis arrivée au bout de ma liste. Je n’avais trouvé aucune alternative, car ça ne collait pas… Tantôt à cause du manque de diplôme, tantôt à cause du manque de motivation. Tantôt cela n’était pas envisageable… Et puis finalement j’en ai profité pour avoir un beau bébé. J’allais sûrement mûrir tout ça en attendant, puisque j’avais semé les graines.

J’ai néanmoins réalisé pendant ce temps là un BILAN DE COMPETENCES chez une psychologue spécialisée, financé par le FONGECIF. Il a duré quelques mois ; j’ai dû réaliser plein de tests-psy qui étaient sensés me révéler pour quoi j’étais faite. Ça fonctionne dans bien des cas.

Pas pour moi. Je serais faite pour la gestion, apparemment ! Ce résultat me hantera pendant longtemps. Me voilà donc à chercher une carrière d’assistante de gestion… Mais ce que je n’avais pas compris c’est que ces résultats s’interprètent comme des textes sacrés, en fait : ils sont sujets à interprétation ! Une carrière dans la gestion pure et simple, je ne le « sentais » vraiment pas. J’aimais gérer des choses, oui… Je pense que nous sommes tous un peu comme ça sur cette terre, d’ailleurs… Mais de là à en faire une carrière !? Ce fut beaucoup trop flou pour que je prenne la décision de foncer tête baissée (oui je suis Bélier, j’aime bien faire cela).

J’avais un immense problème : Trop d’envies et de curiosité non assouvies… Pas assez d’expérience. J’ai toujours été principalement kinesthésique : j’apprends, je retiens, je réalise en faisant/touchant/manipulant.

Je me sentais enfermée dans mon premier métier de spécialiste. Une seule et même chose tous les jours, ce n’étais pas assez.

Il est bien d’entamer une recherche personnelle et de se documenter. Les CIDJ and co sont parfaits pour cela, car en plus, vous pouvez être conseillés. Internet vous permet également d’avoir accès à des tas de données sur le sujet. Et vous trouverez également des programmes et suivis personnalisés, coachings, proposés par des professionnels du domaine.

J’ai alors négocié mon départ de ma première carrière, sans issue pour moi. Je n’étais vraiment pas prête pour m’y engager de cette façon là, avec la vision limitée que j’avais. J’étais partie pour découvrir l’agence nationale pour l’emploi.

Quand vous êtes au Pôle Emploi aujourd’hui, vous avez la chance de pouvoir bénéficier d’ateliers et de réunions d’informations. Ainsi vous ne pourrez plus prétendre que vous n’étiez pas au courant. Il y en a pour tous les goûts, tous les niveaux, tous les domaines et besoins. Les formations dispensées par du personnel en interne ou des prestataires spécialisés. Ne tardez pas à demander à votre conseiller ce qui vous serait le plus adapté. Si vous ne pouvez pas le rencontrer bientôt, envoyez-lui un mail pour lui expliquer où vous en êtes et quels sont vos besoins.

C’est ainsi qu’à l’époque, je me suis retrouvée dans un atelier nommé « Ciblemploi », une version simplifiée du bilan de compétences. Je voulais vérifier si la gestion était vraiment un domaine à reconsidérer plus sérieusement. Hélas, rien ne sortait. J’étais visiblement en proie à un déni profond de mes aspirations professionnelles. Une seule solution pour un « bélier » : foncer dans le tas tête baissée (oui, je suis aussi ascendant « taureau » !).

A cette époque, j’avais envie, en priorité, d’être « une maman » dans ma vie. Il me fallait donc : un travail de maman ! Une amie m’a conseillé le métier d’assistante d’éducation. Tout correspondait à ce que je voulais, et j’avais les pré-requis : Bac et BAFA ; je m’y suis plongée durant 6 ans.

C’était idéal au niveau « conditions » et puis, c’était aux antipodes de mon précédent travail de maquilleuse artistique professionnelle, formatrice, conseillère de vente. Le seul point commun qui m’était important : le contact avec les gens. J’allais approndir également le rapport désintéressé, car j’avais besoin de faire une pause de commerce.

Quelle ne fut pas ma surprise : je tombai littéralement amoureuse des sciences de l’éducation et me mis à étudier sans relâche, à expérimenter, améliorer, travailler beaucoup, tout le temps, à faire des recherches. Dans ce travail, que j’avais à l’origine choisi pour fuir le pôle emploi pendant quelque temps, j’ai en fait découvert la passion qui sommeillait en moi et que je n’avais pas eue pour le maquillage (j’étais super bonne, par contre, j’ai fini 2e de promo et j’aime bien être bonne en quelque chose). Une passion dévorante qui m’a permis de me sortir de mon narcissisme adolescent et de m’ouvrir aux autres. Comme nous atteignons l’équilibre en passant par l’exact opposé de notre point de départ, j’allais également découvrir les avantages et les inconvénients de la dévotion, ainsi que ses limites.

Il arrive parfois de faire une belle rencontre professionnelle tout à fait par hasard. Ecoutez vos besoins, vos envies. Ils sont de bons guides !

Mais je ne tiens pas en place très longtemps quand quelque chose me passionne, j’ai besoin d’évoluer sans cesse. Après quelques années d’études et de mises en application sur le terrain, accompagnées de bons résultats, il me fallait upgrader, enrichir ma tâche. La rendre plus diversifiée et moins spécialisée.

J’ai d’abord regardé le parcours logique. J’étais malheureusement tombée dans un milieu où l’évolution n’était pas facile ni très variée. Il fallait des diplômes que je n’avais pas. Ils étaient longs à passer. Pourtant dans le domaine scolaire, il me semblait logique que l’on réclame autant de titres ! Ses représentants sont censés lui ressembler. Mais ce n’était pas mon cas. Toutes mes aspirations tombaient à l’eau, peu à peu. Je ne me voyais pas tout reprendre, et pourtant je me suis énormément renseignée, jusqu’à envisager un doctorat !

Trop long, pas assez de budget, infinançable… Evoluer dans l’éducation pure et simple ne correspondait pas à mes envies de diversification. Alors j’acceptai une rupture conventionnelle, afin d’explorer d’autres milieux et libérer ainsi ma place et mon directeur, encore engourdie par ma difficulté à me positionner et à me comprendre moi-même. Il avait essayé de m’aider souvent. Mais enfermée dans un poste et dans un domaine qui n’étaient pas les miens, je demeurais aveugle. L’étude des sciences de l’éducation m’aura permis de briser mes chaînes.

C’était risqué. Quand c’est quelque chose qui nous arrive pour la seconde fois, on commence à réaliser que c’est bien NOUS qui avons un problème. Je ne trouvais pas mon domaine ! Pourquoi ? Qu’allais-je donc faire, et par quoi commencer ?Heureusement la vie est pleine d’opportunités : avant de partir, j’eus l’occasion de remplacer la secrétaire, en long arrêt maladie. Je me formai à toute vitesse en plein baccalauréat. J’étais prête pour mon futur essai de carrière, et ma directrice avait retrouvé un peu d’ordre dans les dossiers accumulés durant l’absence de son assistante.

Quand le sort s’acharne et que nous ne parvenons pas à trouver notre place, il est essentiel de se rappeler régulièrement de ne pas baisser les bras. Ces constats sont lourds pour le moral. Nous sommes souvent partagés entre notre envie de bien faire, d’être appréciés, et nos besoins naturels. Quand je réalisai que j’étais continuellement en recherche d’autres défis et missions au point de délaisser mon poste de plus en plus souvent, je ne pus longtemps nier l’évidence. Je l’ai fait pourtant. Et ce que j’ai récolté, c’est de l’épuisement et des remarques qui m’enfonçaient davantage, alors que je sais que je peux être un excellent élément.

Vous avez besoin d’évoluer ? Alors, évoluez ! Peu importe comment, c’est votre âme qui vous le demande.

Mes « sorties de cadre », dans un milieu qui aime le cadre, s’étaient mal passées, certes, mais elles m’avaient été très utiles pour réaliser ce qui pourrait me convenir. J’aimais « assister ». Vraiment. Il me paraissait logique d’assister un patron dans l’éducation, mais je ne recevais pas de réponses à mes candidatures… Et puis j’étais un peu fatiguée du contact avec les gens, après mes explosifs adolescents. J’avais besoin d’une pause à durée indéterminée.

Si vous n’avez pas d’inspiration, n’hésitez-pas à vous positionner sur des missions en interne. Ne faites pas comme moi : 36 en même temps. Mais testez-vous, c’est important.

J’étais à nouveau au pôle emploi, mais comme d’habitude, je restais active. J’avais totalement conscience de ma difficulté de choisir. Grâce à tous les renseignement que j’avais pris par le passé, j’avais déjà éliminé pas mal de pistes dans lesquelles j’étais certaine de ne pas me réaliser. Je pris la décision de tester celles qui demeuraient en tête, je ne voulais pas de regrets. Il y en avait forcément une qui m’était adaptée ! J’y resterai une fois que je la trouverai, c’était décidé !

Connais-tu les TED talks ? des tonnes de speechs intelligents sur plein de sujets ciblés par des personnes tellement intéressantes ! C’est là que j’ai découvert la notion de « Multipotentialité ».

Quand tu es multipotentiel, tu es capable de t’adapter à beaucoup de domaines et de tâches différentes, assez rapidement. En contre-partie, tu manques parfois de profondeur… Mais tu touches à beaucoup de choses, et tu as une vision globale des choses. C’est plutôt pratique pour un employeur ! Il est intéressant de savoir comment nous fonctionnons pour mieux cibler nos recherches.

C’est vrai que j’ai toujours eu un instinct d’aventurière ! Plutôt que de me concentrer sur une évolution verticale, ce que j’aimais, c’était explorer ; faire du tourisme professionnel. Relever le défi d’apprendre à chaque fois un métier différent assez bien pour pouvoir être une bonne employée débutante. C’était ça, ma tasse de thé.

Mais en avançant, il se peut que l’on s’épuise. J’avais envie de trouver ma place et de concentrer toute cette énergie dépensée en suradaptation pour une réelle évolution. Depuis que mon ancien patron m’avait si bien fait remarquer que j’étais incapable d’y rester, puisque je ne l’avais pas réellement trouvée, « répondre à cette question » était devenu ma nouvelle obsession. Et j’étais loin d’être la seule, j’avais plein de nouveaux compagnons pour traverser cette route-ci !

La suite logique directe de ma dernière expérience, ce furent le secrétariat et l’assistanat. Il y a des tas d’agences d’intérim prêtes à vous placer dans des postes où vous recevrez une formation d’intégration, pourvu que vous ayez déjà les compétences de base. C’est ainsi que j’atterris au siège parisien de la Société Générale. Mon poste allait me permettre de prendre du recul avec la clientèle. Le calme me fit le plus grand bien pendant quelque temps. J’avais en plus déjà creusé le sujet quelques années auparavant, en tentant de préparer par le CNED un BTS d’assistante de gestion (la psy du bilan de compétences m’avait semé le doute, vous avais-je confié quelques lignes plus haut). Mais après 6 mois de cours en solitaire et d’ennui, je me dis que je prendrais plus de plaisir à apprendre ce travail sur le « tas ». J’avais donc l’opportunité de vérifier une fois pour toutes mes hésitations au sujet d’une carrière dans la gestion et l’assistanat pur et simple. Mais je savais que ma passion pour l’humain reprendrait le dessus.

En parallèle, par hasard, en cherchant quelle voie m’était adaptée, je rencontrai un jeune ingénieur qui voulait lancer sa startup dans l’orientation. Parfait ! J’avais tant exploré ce domaine, pourquoi ne pas y travailler ?

Interagir avec lui fut passionnant. Un féru d’éducation. Nous avions plein de choses à nous dire ! J’avais rencontré mon poste idéal : je devais l’aider à rédiger son contenu d’abord, puis plus tard, je devais assurer des formations, si cela fonctionnait, et même des tâches d’assistanat ! C’était tellement ce que je voulais que j’ai eu souvent peur, d’ailleurs. C’est drôle comme ce qui nous convient réellement peut nous effrayer ! Nous sommes tellement habitués à « trimer »; c’était trop beau pour être vrai !

Et en effet, l’aventure prit fin pour diverses raisons. Parfois vous tombez sur la perfection à première vue, et puis la vie fait que… cela ne fonctionne pas. Alors, après une grande tristesse, je dois bien le reconnaître, j’ai accepté et avancé… Encore. Après tout, si ça ne s’est pas fait, c’est qu’il ne fallait pas que ça se fasse ! Et puis, comme l’illustre parfaitement cette citation :

Et il l’est resté, un guide, pendant longtemps. J’aime encore aujourd’hui lui demander conseil, écouter ce qu’il dit et savoir ce qu’il devient. C’était en tout cas une bien belle expérience que d’être confrontée à ça. Cela m’a encouragée à redoubler d’efforts pour trouver MON projet (à moi toute seule) d’abord.

Si tu envisages de l’aide d’un professionnel dans l’orientation, je te recommande vivement de consulter un ingénieur ou équivalent ! Celui-ci a reçu une formation totalement adaptée et en lien avec l’orientation (les ingénieurs ne font pas que de la mécanique ni de l’informatique, les cours proposés sont de plus en plus captivants). C’est une vision différente des psychologues. Je l’ai trouvé incroyablement efficace et juste, en plus d’avoir une tonne de ressources à me recommander. Encourager quelqu’un à réfléchir par soi-même est peut-être ce qui manque justement à l’orientation aujourd’hui. Lui en avait, en tout cas, le savoir-faire.

Rencontrer un jeune entrepreneur (quelle aisance ils ont, ces jeunes entrepreneurs ! Ils n’ont pas peur, ils foncent ! Quelle richesse que de côtoyer des générations différentes !), m’a donné envie d’explorer davantage la vie de freelance.

De quoi avais-je envie ? Qu’est-ce que j’avais à proposer ? Comment pouvais-je l’améliorer ? Y avait-il un marché potentiel ? Mes premières questions d’entrepreneur (en test).

Mon expérience au sein de la banque fut brève : c’est un travail intéressant ! Mais absolument pas fait pour moi. J’avais passé beaucoup trop d’années à courir partout et à travailler au contact des gens. Je ne tenais pas en place à mon bureau, et je m’étais transformée en pipelette après quelques mois. J’avais besoin de me retrouver : ce fut simplement une belle pause.

Les employés sont véritablement choyés dans ces boîtes, par rapport à ce que j’ai pu connaître dans ma vie. Tout est servi sur place sur un plateau d’argent, même les vaccins contre la grippe ! Et je ne parle pas du salaire maintenu presque totalement pendant un an pour un congé maternité ! Ça me touche en tant que maman ; j’aurais aimé connaître cela quand je le suis devenue. Je n’avais tellement pas l’habitude de tous ces traitements de faveur que durant les nombreux déjeuners et goûters communs, je retournais rapidement derrière mon bureau pour continuer mon travail. Je pris enfin la décision de ne pas renouveler mon contrat d’intérim.

Il arrive que nous ne soyons pas faits pour un bon poste. Cela n’a rien à voir avec notre valeur, mais avec ce que nous sommes : ado, je pensais déjà que je n’étais pas faite pour travailler derrière un bureau. Mais à ce stade de ma vie où j’étais obligée de reconnaître que je m’étais souvent trompée, il était important de le retenter pour en avoir le coeur net. L’expérience fut donc un succès, puisque j’en avais tiré des enseignements capitaux pour la suite !

Testez-vous ! Prenez des congés, et demandez à votre entourage si vous ne pouvez pas les assister une journée dans leur travail. Si vous ne le faites jamais, comment pourriez-vous le savoir ?

J’avais maintenant tout mon temps pour creuser mes envies de freelance.

J’étais maquilleuse, et j’avais une bonne expérience et des facilités. Mais l’envie ? J’avais des tas de choses à tirer au clair avec ma maturité du moment. Mais d’abord, j’avais besoin de rencontrer des gens du milieu.

Quand on souhaite se lancer dans l’entrepreneuriat, on apprend très vite l’importance du réseau. Nous sommes seuls dans notre activité, certes, mais loin d’être seuls dans cette aventure en général. Il y a des espaces, des cafés, des associations, des sites internet et j’en passe, spécialement conçus pour vous mettre en lien avec vos pairs. Apéros, échanges de compétences, rencontres en tout genre et autres séminaires… La créativité est de mise. Il y a aussi plein de livres et fichiers vidéo à disposition sur le web pour s’inspirer toujours plus. « L’entraide » est le maître mot de ce secteur.

Cela m’a fait l’effet de découvrir l’existence d’un monde merveilleux et libre : je transportais mon « bureau » dans ma besace, partout où je voulais ! Je travaillais dans des endroits magnifiques. Certains entrepreneurs, même, travaillent partout dans le monde. Je rencontrais des personnes infiniment interessantes, positives et créatives… J’assistais à des évènements totalement atypiques et « cool » pour parler de mes projets et envies à des personnes « atypiques et cool », réellement intéressées, qui m’exposaient aussi les leurs. Je les écoutais avec grand intérêt et un émerveillement à peine dissimulé ; je ne pouvais pas ! J’étais à mon Disneyland personnel !

Ils avaient tous de formidables idées ! Réalisables ou pas… Mais le simple fait d’en parler et de les écouter faisait du bien à l’esprit ! Grâce à toutes ces belles rencontres, j’ai pu recueillir toutes les informations nécessaires pour me concentrer sur mon cas. J’ai même suivi un stage pour me préparer à l’activité d’auto-entrepreneur. J’étais prête ! Mais hélas, ce que j’avais à proposer ne voulait pas s’ancrer dans un véritable projet.

Le networking, quelle joie ! Echanger des réflexions, des compétences et parler de ses projets est capital pour leur bonne évolution. Aidez et faites-vous aider ! Gardez contact avec ces personnes merveilleuses et riches. Parfois, même, certaines peuvent vous sauver la vie, et vous, vous pouvez apporter des tonnes de sourires.

Grâce à ma passion pour les sciences humaines et leurs besoins en écriture, j’ai rencontré pas mal de Coachs. Ils sont formidables et tellement chaleureux ! Tous forts d’une riche expérience ou affublés d’une solide résilience, ils donnent envie de se dépasser. Ils sont tous profondément investis dans leurs tâches et sont pour moi des personnes de grande qualité, avec de belles valeurs humaines couplées à un sain pragmatisme. Leur enthousiasme est tellement contagieux qu’il a su réveiller en moi mon envie de prendre en charge des personnes. Elle dormait, ces derniers temps.

Vous rencontrez un problème ou un blocage dans votre carrière, vous n’êtes pas forcé pour autant de changer radicalement de vie ! Faites appel à un coach en entreprise. Il saura trouver ce qui coince pour vous faire avancer, sans forcément changer de bureau. Vous retrouverez un nouvel entrain avec de nouveaux objectifs adaptés à votre personnalité. Le problème ne se situe peut-être pas bien loin !

Le partage de compétences avait réveillé mon envie d’écrire. Alors, j’allais essayer d’intégrer le monde très convoité de la presse, car j’en avais eu souvent le désir. Les entrepreneurs écrivent souvent pour partager leur expérience et expliquer leur activité. C’est une compétence essentielle à avoir. J’avais beau savoir écrire, écrire pour le web était une autre histoire. Il est facile de trouver des conseils, tutoriels, mooc et ouvrages sur le sujet pour mettre à jour ses compétences. Mais là, je voulais écrire pour des magazines.

J’explorais maintenant le journalisme et interviewais des professionnels du secteur. J’avais retenu l’attention d’un magazine spécialisé que je lisais à l’époque,  et le directeur était prêt à me laisser essayer. Il m’avait donné une formation flash éclair que j’enrichis ensuite avec de nombreuses ressources. C’était incroyablement intéressant ! J’avais rencontré plein de professionnels à questionner. J’adorais les écouter. Mais j’avais connu l’écriture libre, et je ne pus me résoudre à composer avec toutes les règles imposées (néanmoins légitimes).

Mon expérience fut brève, mais j’avais touché du doigt un rêve qui n’était, en définitive, pas totalement fait pour moi. Ecrire : oui ! Devenir journaliste : non. C’est un savoir-faire que je ne me sens pas d’acquérir aujourd’hui. J’ai essayé et j’en suis fière ! Mon style a été complimenté, aussi brut fut-il. C’est un merveilleux souvenir.

Durant mon parcours, j’ai croisé pas mal de maximes sur la pensée positive ; celle-ci illustre parfaitement cette audace que j’ai eue à vouloir tenter le journalisme, avec pour seul bagages mes blogs perso et mon style informel :

Après coup, je me suis dit, quand même, que j’avais eu un sacré culot de me positionner dans la course à la pige, à côté de jeunes adultes ultradynamiques et bien nés, au cerveau surboosté et qui sortaient tout juste de Sciences Po ! La vie est vraiment surprenante, et vous aussi vous pouvez l’être !

Vous avez une envie un peu folle ? Osez quand même ! Persévérez ! Vous rencontrerez peut-être quelqu’un que vous toucherez et qui sera prêt à vous donner votre chance. C’est à vous ensuite de la saisir. Et si vous ne le faites pas, murissez sérieusement votre choix et assurez-vous que vous n’aurez aucun regret.

Les remarques et conseils de mes supérieurs « flash éclair » ont été essentiels à mon parcours, de toute façon. Aujourd’hui je retrouve mon bon vieux blog et mon écriture libre imparfaite, illimitée et sans stress. C’est ça que j’aime faire au fond, raconter ma vie et m’amuser avec les mots, sans pression. Mais j’ai tellement progressé grâce à cette aventure ! A tous les niveaux !  Osez, vous dis-je !

A ce stade du parcours, j’étais soulagée de nombreux doutes, mais de nouveaux apparaissaient ! J’aimais cette vie libre, mais pas tout à fait… Elle avait forcément un prix : celui de tout faire. Ça aurait dû être, d’ailleurs, un vrai bonheur pour une multi-potentielle ! Mais non. Quelque chose bloquait. Je voulais varier mes tâches, mais pas non plus à ce point là. Je voyais tant d’indépendants passer leur vie à penser à leur travail. Je ne voulais pas cela non plus… Et mon concept, en plus, ne me satisfaisait pas. La vie d’entrepreneur, c’est aussi énormément de doutes à surmonter. 

Quand vous êtes assaillis par des montagnes d’interrogations en tout genre, il est essentiel de hiérarchiser. Posez vos idées (par écrit, par exemple) et déterminez de quoi vous avez besoin en premier. Ensuite, prenez le temps d’y répondre et, s’il le faut, demandez de l’aide à votre réseau !

J’avais envie d’accroître mon offre de services de mises en beauté, avec ma passion pour les sciences humaines. Maquiller ne me suffisait plus, et j’avais aimé aider mes clientes, à l’époque, à regagner confiance en elles. J’avais une facilité pour l’art. Alors, j’ai pensé à l’art-thérapie ! J’ai également exploré le domaine et testé des ateliers. Un beau moment enrichissant (encore) ! Qui m’a permis d’ouvrir un peu plus les yeux sur moi-même, de faire de belles rencontres et de me me dépasser une fois de plus !

Ce qui est formidable quand on vit près d’une grande ville, et spécialement la capitale, c’est que l’on a accès à des personnes d’horizons très différents et variés ! En une simple recherche, vous pouvez approcher ces personnes pour prendre les renseignements que vous recherchez (vive les journées « portes ouvertes » !) Si ce n’est pas votre cas, pas de panique : vous avez les réseaux sociaux de networking !

Je pensais avoir enfin trouvé ce qui me manquait et pouvoir foncer ! Mais après de longs moments d’hésitation, je finis par comprendre que je ne voulais pas être une thérapeute ! J’en avais rêvé toute ma vie : la psychologie me passionne depuis mon enfance. Mais non. Ce n’était pas ce que je cherchais aujourd’hui. Je ne voulais plus explorer les profondeurs de l’esprit humain. Et même avec l’art comme médium, je resterais une thérapeute ! J’aime ces métiers que je juge aujourd’hui indispensables à notre société ! Mais ce n’était, encore une fois, pas pour moi.

Il arrive que la vie vous amène à évoluer tellement que vous pouvez renoncer à un vieux rêve de carrière. Ce qui est important, c’est de comprendre pourquoi vous y renoncez. La réponse sera une mine d’or d’informations importantes qui vous aideront à déterminer la suite de votre parcours et votre fameuse « mission de vie » ! Souvent elle n’est d’ailleurs qu’à deux pâtés de maison.

J’avais renoncé à mon rêve de devenir une grande psychologue, bien qu’avec le recul, je n’y aie jamais vraiment cru. Mais aussi loin que je m’en souvienne, quand, à l’école primaire, on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais : Détective privé comme Sherlock Holmes (j’adorais lire ses aventures). A ce moment de ma vie, je ne réalisais pas que je vivais un rêve d’enfant : j’étais mon propre détective à la recherche de ma carrière perdue !

Ce qui est formidable quand on s’offre la possibilité d’explorer ses envies, c’est que durant ce temps, l’on prend un certain recul sur la vie. Ce recul est nécessaire, même s’il n’est pas facile à vivre. Mais la facilité ne nous a jamais permis d’aller bien loin.

Prendre du recul sur la vie permet de briser cette horrible idéalisation des choses. Je n’aime pas idéaliser, même si c’est un réflexe humain systématique (positif comme négatif, certaines personnes idéalisent négativement et d’autres positivement). Prenez du recul, observez. Sans juger. Le monde est tel qu’il est. Et c’est en le regardant ainsi que vous pourrez trouver le moyen de l’améliorer. A plus ou moins grande échelle. A vous de le déterminer !

Mon projet stagnait, encore et encore. C’était interminable. Je voulais me sentir libre dans mon travail, oui. C’est pour cette raison que j’avais voulu me lancer dans l’entrepreneuriat. Mais peut-être que, finalement, ce n’était pas cette liberté-là que je recherchais.

On peut se sentir libre sans patron, autant qu’avec un patron ! Si celui-ci vous permet de travailler pour vos rêves et que vous travaillez donc pour le siens, cette relation sera gagnante et authentique ; vous vous sentirez plus léger. Il y a des avantages et des inconvénients à toutes les situations ! C’est donc à vous de choisir avec quoi vous préférez composer.

J’ai exploré cette envie de retourner au salariat avec beaucoup d’attention. Mon projet ne décollait pas de toute façon. J’avais besoin d’en avoir le coeur net. Et puis, vivre avec des indemnités de chômage en région parisienne devenant trop difficile, j’avais un choix à faire : laisser tomber mon parcours initiatique et donc reporter encore mon objectif ? Ou abandonner mon logement et retourner chez ma mère ?

J’ai choisi la seconde solution. Non pas par dépit, au contraire : je vivais depuis 15 ans loin de ma famille, et j’avais besoin de la retrouver. Mon projet tournait en rond, et je perdais peu à peu mon entrain. Quelque chose bloquait encore : je voulais vivre mes rêves, oui ! Mais après tous ces renoncements et bien des déceptions dont je ne parle pas, je ne savais plus quels étaient mes vrais désirs profonds. 

J’en conclus qu’ils étaient restés bloqués « au pays »;  il était donc grand temps que je mette en application mon humilité (vivre chez ma mère, à 36 ans… la fierté a eu du mal à le supporter) et que je retrouve mes racines. En plus, j’ai de la chance, puisqu’elles se trouvent à côté de celles des oliviers et des palmiers, sous le soleil de la côte d’azur… Il y avait bien pire, donc.  Relativisons !

Quand nos projets sont bloqués, il est souvent utile (voire capital) de se plonger dans ses origines. Nos rêves d’enfant sont nés, par définition, dans notre enfance et au sein de notre famille. Retournez-y et souvenez vous ! En plus de bons moments avec vos proches, vous vous reboosterez entièrement. Demandez-leur de vous parler de vous enfant, tout en restant concentré sur vos objectifs ; cela aidera à raviver les souvenirs auxquels vous n’avez plus accès.

Le chaos et les doutes étaient à leur paroxysme, concernant ma carrière. Mais je ne les vivais pas mal, cette fois, car je savais pourquoi ils étaient là. J’entrepris de les dissiper en agissant, comme toujours, de la même manière : en m’écoutant. 

Ma première pulsion fut d’extérioriser.

Les doutes et l’introspection rendent souvent muet et asocial. C’est utile d’être au calme pour réfléchir, comme il est important d’en parler. Choisissez l’interlocuteur qui vous conviendra, mais ne gardez pas tout pour vous. Nous ne faisons jamais rien véritablement seuls. Même les grands héros qui ont survécu dans un endroit perdu dans la pampa ! S’ils sont là pour vous raconter leurs aventures, c’est bien parce qu’ils ont été secourus par une tierce personne !

Arrivée dans le sud, je me ressourçais comme je l’avais prévu auprès de mes proches, et je rencontrais de nouvelles personnes. Comme la culture du sud est sensiblement différente, j’en profitais pour m’enrichir encore.

Mes interlocuteurs étaient moins idéalistes, plus ancrés et très professionnels. Parfait pour me permettre d’avancer, puisque c’est justement cela qu’il me manquait !

Je reprenais mes recherches là où je les avais arrêtées : suivre mes envies et les opportunités qui se présentent. 

Quand vous cherchez du travail dans une nouvelle région, n’hésitez pas à jouer au jeu des candidatures spontanées et à regarder les réseaux sociaux. Vous y croiserez des annonces en cherchant bien.

J’ai eu beaucoup de refus, mais aussi de belles rencontres et surprises qui m’ont permis de retrouver le nord : il était temps que j’arrête de tester, que je fasse enfin un vrai choix et que je m’y consacre. 

Après de nombreux essais pour trouver votre voie professionnelle, il y a toujours un temps où l’on doit stopper, analyser et écouter ses ressentis. Cela ne sert à rien d’avoir entrepris une telle recherche si vous ne prenez pas une décision ! L’envie d’arriver à ce stade se fait bel et bien ressentir d’elle-même. Inutile de la provoquer.

J’avais assez d’informations pour être capable de trouver ce que je voulais, mais cela ne venait toujours pas. J’avais très peur de ne plus jamais retrouver la motivation pour quelque chose en particulier. Je savais bien, en revanche, que les choses arrivent quand l’on ne s’y attend pas. Je laissai mon cerveau trier ces expériences en espérant que la réponse apparaîtrait bientôt. 

C’est ainsi que j’ai rencontré la carrière de ma vie. Froidement. Un matin. En faisant la queue à l’aéroport pour acheter un capuccino !

C’est étrange : je m’attendais à ressentir une révélation profonde, quelque chose de puissant du style « OUIIII C’EST CAAAA QUE JE VEUX FAIIIIIIIRE !!!!!!!! ». L’appel de la vocation, ou quelque chose de ce genre (j’ai regardé beaucoup de films et lu beaucoup de livre, il est vrai). Mais non. Je me suis simplement dit à ce moment-là : « Et pourquoi pas ? » L’évidence est apparue en allant vers ce projet, peu à peu, tranquillement. 

J’avais enfin trouvé la réponse à mon équation à mille inconnues, sans stress ni explosion de joie, dans la plus grande simplicité. Tous les points de ma vie s’alignaient, et tout devenait un peu plus clair chaque jour.

C’est la simplicité qui m’a permis de comprendre que j’avais arrêté mon choix. 

Ces moments avaient été tellement difficiles, émotionnellement, à traverser que j’avais ressenti à nouveau le besoin de m’exprimer à travers l’art. Cela m’arrivait souvent dans mon parcours. A chaque fois que j’avais besoin de me recontruire intérieurement. Je n’ai jamais été une grande artiste, ni une grande « quelque chose », d’ailleurs (si ce n’est une grande femme d’1m73) ! Mais je saisissais rapidement la technique, et proposais mon style. L’art (faire de l’art, et non le regarder), m’a toujours fait beaucoup de bien. J’ai réalisé une vingtaine de tableaux d’art abstrait (que vous pouvez regarder si vous le souhaitez en cliquant sur mes liens de réseaux sociaux, dans la side bar).

Quand vous traversez une zone de turbulence intérieure, n’oubliez pas de vous livrer à des activités qui vous permettent de vous stabiliser.

En contemplant mes toiles, je me suis souvenue de l’enfant que j’étais. Il parlait grâce à ma peinture. J’étais de nouveau connectée à mes rêves profonds. C’est grâce à cela que j’ai pu arriver au bout de mon dilemme !

Quand nous avons l’immense plaisir d’avoir fait un vrai choix qui nous correspond, et après un tel parcours de remise en question, nous ne sommes plus dupes : nous savons que ce que nous voulons n’arrivera pas par colissimo en 24h dans notre boîte aux lettres. Il va nous falloir bosser très dur pour gravir cette dernière montagne. Mais comme c’est notre montagne, nous ne rechignons (presque) plus.

Je n’ai jamais aimé commencer une nouvelle aventure sans fermer les livres précédents, mais je l’ai pourtant fait très souvent. Alors cette fois, je prends le temps d’aller au bout de tous mes ouvrages encore ouverts, à travers mes études et mes expériences du quotidien, et je les referme quand c’est le moment.

Je pense aujourd’hui qu’être libre de son passé pour entrer dans sa nouvelle vie dans de bonnes conditions, est un choix stratégique bien plus intelligent que de foncer comme un bélier.

Nous ne nous rendons pas compte que nous commençons les choses trop rapidement, poussés par notre société exigeante qui évolue à toute vitesse. J’en parle, car j’ai toujours agi ainsi, ce qui m’a valu de rencontrer pas mal de murs. Prenez le temps de faire les « lâchers prise » dont vous avez besoin. Prenez-le vraiment. Quand ils arrivent, nous le sentons, dans une émotion tranquille.

Faites-vous aider également : il est très difficile de déchiffrer son propre inconscient ! Un regard extérieur affûté et/ou professionnel sera votre meilleur allié. Une personne qui parle votre langue, qui plus est. A ce stade de l’aventure, vous vous serez certainement rendu compte à quel point chaque personne a sa réalité. Autant choisir quelqu’un qui en a une similaire à la votre, pour ne pas vous fatiguer à traduire continuellement.

En conclusion de ce parcours mouvementé, mais tellement riche et passionnant (j’ai adoré faire ce voyage !), je dirais que je ne regrette absolument RIEN ! J’ai fait des erreurs, c’est certain. Mais j’ai appris grâce à elles. J’ai fait des rencontres incroyables aussi. 

Je suis passée très souvent pour la plus grande indécise et capricieuse de la terre ! Mais quelle importance a, finalement, le regard des gens qui ne vivent pas ce que vous vivez, vous ? C’est parce que j’ai justement voulu plaire à tout le monde que je me suis retrouvée si perdue dans ma vie !

Bien souvent, je me suis dit que face à mon handicapant déni de carrière, je ferais mieux de tout abandonner pour leur faire plaisir et ne pas les perturber. Trouver un job où je m’ennuie, mais où je gagne ma vie et « rentre dans le moule ». Comme ça, tout le monde serait content ! Sauf moi. Et puis, le simple fait de formuler la question de la sorte, m’a rappelé à quel point j’avais raison d’écouter mes besoins !

Ecoutez-vous et organisez-vous pour ne pas faire n’importe quoi. L’équilibre sera votre meilleur allié, si vous choisissez de sortir du cadre ! Cela vaut vraiment la peine.

Je suis heureuse aujourd’hui d’avoir trouvé mon projet ! Je pensais réellement ne jamais y arriver, parfois. Ce n’est évidemment pas gagné, cela dépend de moi en grande partie, et je ferai ma part. Ce parcours atypique m’aura permis de me renforcer, assez pour attaquer ma randonnée. Et je ne réfléchis plus : je fais. 

Il y a un temps pour tout dans la vie ; lui trouver un vrai sens en fait partie. Si vous en ressentez le besoin, alors donnez-vous les moyens. Ce ne sont pas les ressources et solutions qui manquent : de nombreux compagnons de route éprouvent, comme moi, le besoin de raconter et souvent de partager leurs méthodes. Il y a plein de bouquins motivants et remplis de tips de qualité. Lisez-les comme un guide du routard, enfilez vos baskets, votre sac à dos, vos ailes. Vérifiez tout ce qu’il faut vérifier, avant de partir et envolez-vous !

A bientôt ! Et partage ton expérience en commentaire !

Merci de respecter mon parcours et mes choix, si tu tiens à partager avec moi ton avis. L’ouverture d’esprit et la correction sont obligatoires sur ce site. Au plaisir ! 

(Liens vers l’image de ce billet, ainsi que l’article que je cite au début : ICI)